Lettre ouverte à Justin Trudeau

POINT DE VUE / Monsieur le premier ministre, 

En tant que citoyen préoccupé par le blocus ferroviaire qui paralyse le pays, je m’adresse à vous dans l’espoir que vous utiliserez votre pouvoir à bon escient afin de régler cette crise dans les meilleurs délais.

Il est de plus en plus évident que la stratégie utilisée par votre gouvernement, en réponse au désir tout à fait légitime des chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en de Colombie-Britannique de protéger l’intégrité de leur territoire ancestral, est un échec.

Pourquoi est-ce un échec? Les chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en demandent que l’intégrité de leur territoire soit respectée, et votre gouvernement, pour des raisons qui lui sont propres, refuse de respecter cette intégrité.

En fonction de ces données, quel intérêt pourrait avoir les chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en à négocier l’intégrité de leur territoire avec votre gouvernement?

Un élément imprévisible qui complique la donne et semble avoir pris votre gouvernement complètement au dépourvu, c’est l’appui des autres nations à la nation Wet’suwet’en qui ont bloqué et bloquent encore les voies ferrées dans différentes régions du pays.

Votre réaction face à cette crise a été de déclarer que la patience des Canadiens avait atteint sa limite, tout en rejetant le blâme, pour ce blocus, sur la nation Wet’suwet’en.

En fait, s’il fallait blâmer quelqu’un, n’y aurait-il pas lieu de blâmer celui qui a le pouvoir de résoudre la crise et ne le fait pas.

Un autre élément à considérer dans l’équation est que plus la crise perdure, plus le risque qu’il y ait des dérapages augmente et que l’opinion publique se tourne contre vous et votre gouvernement. Est-ce que vous et vos ministres êtes prêts à payer le prix politique que cela pourrait représenter? Si oui, quel pourrait bien en être le motif?

Comment libérer les voies ferrées de façon non coercitive, là est la question?

Selon le camp dans lequel votre gouvernement se situe, vous adopterez ou rejetterez la proposition suivante qui, si elle est adoptée, réglerait la question et nous permettrait de pousser un soupir de soulagement collectif.

«Il est proposé que le premier ministre déclare officiellement que son gouvernement reconnaît et s’engage à respecter l’intégrité du territoire de la nation Wet’suwet’en tel que demandé par les chefs héréditaires de la nation.»

Je vous remercie pour la considération que vous voudrez bien accorder à ma requête.

Je vous prie d’agréer, monsieur le premier ministre, l’expression de mes meilleurs sentiments,