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Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury

Lettre de Mikaël Kingsbury à François Legault: «Je suis inquiet par la situation des jeunes sportifs»

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury
Médaillé d’or olympique et champion du monde
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POINT DE VUE / Je suis inquiet et très préoccupé par la situation des jeunes sportifs au Québec. Des milliers de jeunes sont privés de leur passion, de l’activité qui les motive à sortir de la maison, qui leur donne envie de se dépasser et qui leur donne l’espace mental pour apprendre. 

Je m’inquiète qu’on «perde» ces jeunes, qu’ils délaissent le sport au profit des écrans. C’est bien connu, plus les jeunes avancent en âge, moins ils font d’activités sportives. Avec la pandémie, le décrochage s’est accéléré et la santé physique et mentale de milliers de jeunes est en péril. Il est grand temps d’agir. C’est pourquoi j’appuie la démarche d’Isaac Pépin, qui demande la reprise des sports encadrés au Québec.

Lorsque je remporte une médaille, Monsieur Legault, vous êtes le premier à me féliciter sur les réseaux sociaux. Je sens que vous êtes fier qu’un Québécois performe sur la scène internationale et fasse rayonner la province. Nous sommes nombreux au Québec à le faire. En effet, la province regorge de talent sportif.

Il y a toute une génération qui rêve de nous imiter. À petite ou grande échelle, cela importe peu. L’important, c’est que ces jeunes ont la volonté de se dépasser et de trouver un sens à leur quotidien. Je me suis arrêté cette semaine et je me suis demandé ce que je ferais si j’étais ce jeune privé de sport pendant un an dans une période de pandémie. J’ai eu le vertige! Je n’aurais pas eu la capacité de survivre à une année complète privé de ma passion. Je vous le dis très simplement : je serais à la dérive.

J’ai la chance inouïe de pratiquer le ski de bosses cette saison, même si elle a été écorchée. Notre association a mis tous les éléments en place pour qu’on respecte les règles de la santé publique. Je suis convaincu que les clubs sportifs, les organisations et les fédérations sportives ont les capacités, les moyens, mais surtout la détermination nécessaire pour protéger les jeunes et leurs proches. Avant, pendant et après la pratique sportive.

Le 7 mars, lors du rassemblement prévu devant le Parlement, je serai en haut du parcours de bosses au Kazakhstan où se tiennent les Championnats du monde. Ma motivation à gagner, elle viendra d’Isaac Pépin et de tous ceux qui évoluent dans le milieu sportif et qui ne demandent qu’une chose : donner de l’air aux jeunes en leur permettant de renouer avec leur passion.

Monsieur Legault, au nom de tous les sportifs au Québec, amateurs et professionnels, je fais le souhait qu’à mon retour à la maison à la mi-mars, le sport ait retrouvé la place qui lui revient.