Selon l'auteur, la présence d'arbres exceptionnels sur le site des condos Woodfield n'est pas le seul enjeu. Il s'agit de la préservation de l'ensemble des espaces verts résiduels de la falaise de Sillery, comme le cimetière St. Patrick's.

Lettre à François Bourque

Je suis allé souvent dans ce cimetière St. Patrick's. Les tombes des parents de Richard Drouin sont situées très près du site convoité, incidemment. J'ai porté leurs sacs quand j'étais caddy à Boischatel. J'ai toujours trouvé très faible, pour ne pas dire incorrecte, l'argumentation sur la présence d'arbres exceptionnels sur le site du projet de condos Woodfield. Ce qui est en cause, c'est la préservation de l'ensemble de Woodfield et non cette parcelle en régénération. Ce cas soulève la question de la préservation de tous les espaces verts résiduels sur la falaise de Sillery.
On assiste à un grignotement graduel, chacun servant à en justifier d'autres. C'est ce qui se passe partout ailleurs dans les mêmes circonstances. Le Mont-Royal à Montréal est un bel exemple. Et la rue de Bernières empiétant sur les Plaines à Québec. On trouve toujours une bonne excuse. Un terrain idéal pour un musée, comme à Québec, New York ou Chicago. Va encore peut-être pour une utilisation noble et d'intérêt public, mais des condos? Et encore. Quand on voit comment on a charcuté le parc Victoria à gauche et à droite, on peut aussi constater que même la notion publique d'un lieu ne le met pas à l'abri, quand les «développeurs» publics ou privés sont aux commandes. Même la place Jacques-Cartier a été bétonnée presque en entier sous prétexte d'initiative culturelle. En somme, tout est une question de mentalité, d'une certaine culture ou de simple bon sens. Comme disait Twain : «Achetez de la terre, il ne s'en fabrique plus.»