Les voitures électriques font réagir

En réaction au texte «Voiture électriques : quand le chroniqueur prend le fossé», paru le 30 juillet
Bonjour M. Lavoie,
J'aimerais apporter les précisions suivantes : 
1. Concernant la pollution attribuable à l'auto électrique :
Selon les résultats d'analyse du docteur en physique et auteur du livre Rouler sans pétrole Pierre Langlois, la fabrication d'une voiture électrique est en effet plus énergivore que celle d'une voiture à essence en raison de l'énergie requise pour la fabrication de la batterie.  
Car dans le contexte actuel, un grand nombre d'usines n'utilisent pas toujours une source d'énergie «propre» pour fabriquer leurs voitures. 
Toutefois, quand on tient compte de l'ensemble du cycle de vie d'une voiture, il devient très clair que la voiture électrique est moins polluante. À long terme, même si la fabrication d'une voiture électrique est plus polluante, dès qu'elle commence à rouler, elle pollue beaucoup moins qu'une voiture à essence.  
Tesla et des compagnies automobiles allemandes ont déjà annoncé leur intention de produire ses voitures à partir d'énergie propre. Des parcs éoliens et solaires font maintenant leurs apparitions aux États-Unis. Dans un futur proche, la fabrication et l'utilisation d'une voiture électrique seront encore moins polluantes.
2. Concernant le faible rendement des subventions pour les voitures électriques :
L'IEDM affirme que les subventions pour les voitures électriques sont peu efficaces et coûteront une fortune aux contribuables. Il serait grand temps de réaliser que ce sont plutôt les mauvais choix que font les contribuables et l'industrie qui finissent par coûter cher. Plus nous attendons, plus cela deviendra dispendieux. 
Mais quelle est la solution de l'IEDM, de l'industrie pétrolière et automobile pour résoudre le problème? 
Dans son article, M. Kelly-Gagnon (PDG de l'IEDM) affirme que cela ne changerait à peu près rien s'il y avait un million de voitures électriques sur nos routes... Sérieusement? Un enfant de 10 ans serait capable de voir dans ce cas que nous consommerions moins de carburant donc moins de pollution (des GES?). De plus, d'un point de vue économique, le Québec a tout à gagner avec l'électrification des transports.
M. Kelly-Gagnon pense également que sans l'intervention des gouvernements, l'avènement des voitures électriques se fera tout seul. Pourtant les pays qui ont retiré leur subvention ont vu leurs ventes de véhicules électriques diminuer considérablement. Les états qui ont imposé une loi zéro-émission reçoivent de la part des constructeurs une offre de véhicules électriques plus grande que les autres.   
Pour obtenir des changements, il faut commencer à quelque part et c'est précisément ce que fait notre gouvernement avec ses subventions et sa volonté pour une loi zéro-émission afin de permettre l'émergence de la voiture électrique de manière à créer une masse critique pour favoriser la baisse de prix. Cela fait partie d'un cocktail de solutions pour résoudre nos problèmes environnementaux. Quelle serait la solution de l'IEDM pour remplacer le parc automobile actuel par des véhicules moins polluants?  
Toutefois, nos gouvernements disposent-ils de toute la latitude nécessaire et l'appui suffisant de la population afin de mettre en place des mesures plus musclées et ce tout en faisant face aux différents lobbys qui ne cherchent qu'à maintenir leur emprise? Des mesures pour transformer notre économie basée sur les énergies fossiles et la consommation à outrance, à une économie bâtie sur des énergies propres, viable et durable. Pourtant ce n'est même pas une question de choix, c'est une question de survie.
Alors M. Kelly-Gagnon, à quoi sert l'IEDM? Favoriser le changement et bâtir l'économie de demain, une économie viable et durable? Où simplement désinformer les gens pour maintenir les acquis actuels d'une économie non viable?
3. Concernant le procès de l'auto électrique,
Alors que la voiture électrique commence à prendre de plus en plus de place et menace certains secteurs de l'industrie qui refuse d'évoluer, il devient très évident et nécessaire d'être conscient qu'une guerre de désinformation commence à se jouer pour salir la voiture électrique et maintenir les acquis actuels de l'industrie. 
Pensons simplement aux pétrolières, aux fabricants de moteurs à essence, de réservoirs d'essence, de silencieux, de filtres à essence, de pompe à essence et j'en passe qui seront prêts à faire n'importe quoi pour maintenir leurs acquis.
Pourtant une nouvelle économie se pointe à l'horizon, celle du transport électrique, des panneaux solaires, des moteurs électriques, des systèmes électroniques, des solutions de recharges et de services à tous ces nouveaux besoins. La société évolue et se transforme, les constructeurs les plus sages seront ceux qui prendront le virage pour préserver et créer de nouveaux emplois tandis que ceux qui s'acharnent à maintenir le statu quo seront voués à disparaître.
Pour ma part, j'ai choisi mon camp et vous?
Jean Forget, Québec