Abdallah Homsy est le porte-parole du regroupement des intermédiaires de taxi de Québec.

Les taxis de Québec sont bien réveillés

À la suite des menaces d'Uber, voulant que la multinationale quitte si elle n'obtient pas toutes les concessions possibles et impossibles du gouvernement du Québec, le candidat à la mairie Régis Labeaume a affirmé, reflétant le point de vue de certains, «qu'il ne faudrait pas que l'industrie du taxi se remette à dormir.»
Pour tous ceux que le départ très improbable d'Uber inquiète, nous avons un message : si Uber quitte, nous le prendrons comme un grand défi à relever, pas comme une récompense. Nous sommes bien conscients que les attentes des Québécois en ce qui concerne le transport rémunéré de personnes ont évolué. Les intermédiaires de taxi de Québec sont parmi les plus modernes dans la province. L'application mobile Taxi Coop a encore été citée en exemple, cette semaine au Salon bleu, par le premier ministre Couillard, comme un exemple à suivre et la preuve qu'on peut faire mieux qu'Uber. D'ailleurs, nous avons démontré notre désir d'amélioration en contribuant à créer une image de marque pour les taxis de Québec. Nous avons proposé la création du taxi-bus pour améliorer le service du RTC, là où un autobus est inutile.
Il est vrai que notre service sur le terrain est imparfait à l'occasion. Cette imperfection est applicable à tous les moyens de transport de masse. Les clients ont parfois des plaintes contre Téo, Uber, le RTC, les traversiers, les avions... Par définition, anticiper à la perfection et à la seconde près les besoins en transport de milliers d'usagers est une tâche colossale, mais nous nous y appliquons avec rigueur et énergie chaque jour. Nous croyons que les moyens technologiques actuels et futurs sont de nouveaux outils pour atteindre cet objectif, de concert avec la compétence et la probité. C'est l'engagement que nous prenons envers vous, qu'Uber reste ou parte.
Pour y arriver, nous aurons besoin de l'aide annoncée par le gouvernement du Québec. L'arrivée d'Uber au Québec a coûté entre 400 et 600 millions $ à l'industrie du taxi, sans compter que les prêteurs du taxi refusent dorénavant toute créance. Il est difficile de rénover la cuisine, quand la maison est en feu et que le banquier refuse de prêter. Nous continuerons nos améliorations constantes. Elles se feront d'autant plus rapidement si le marché du transport rémunéré de personnes redevient enfin équitable.
Pour la première fois depuis trois ans, le premier ministre Couillard a prononcé cette semaine des paroles avec lesquelles nous pouvions être d'accord : «ce [n'est pas] au gouvernement du Québec de se mettre à plat ventre devant une multinationale». Compte tenu de tous les revers qu'il nous a fait subir et de tous les préjudices qu'il a imposés aux 22 000 familles du taxi, nous sommes extrêmement sceptiques envers le gouvernement de Philippe Couillard. Trop souvent, ses propos courageux se sont transformés en entente à sens unique, annoncée tard le vendredi soir.
Peut-être, enfin, le premier ministre s'est-il trouvé une épine dorsale suffisante pour tenir tête à des bullies de Silicon Valley? Sans dire que nous souhaitons dormir, disons qu'on peut rêver, rêver à la fin d'une iniquité annoncée et mise en place depuis bientôt trois ans.
Abdallah Homsy, Porte-parole, Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec