François Legault

Les syndicats, une autre fausse histoire d’amour

Sonia Ethier, présidente de la CEQ, semble vouloir donner des leçons de démocratie à François Legault alors que lui, contrairement à elle pourtant, ne craint pas d’affronter le verdict direct des citoyens. Pendant ce temps, les syndicats refusent encore de faire face aux choix démocratiques de leurs membres.

Ils ne veulent pas que ce soit les membres qui votent pour le président de la centrale et gardent leur vieux statu quo qui ressemble en tout point à l’Église catholique. Ce sont les évêques syndicaux (président de section) qui élisent leur pape (le président de la centrale), jamais les fidèles (les membres). Pour avoir été syndiqué pendant 35 ans, jamais je n’ai vu de consultation des membres par les présidents de section pour avoir un mandat pour qui voter. On ne veut pas leur opinion. On ne veut pas de vraie démocratie dans les syndicats au Québec, on veut rester des bureaucraties archaïques et loin des membres.

C’est pourquoi j’ai vu pendant 35 ans, comme syndiqué, et huit comme délégué syndical, des assemblées presque vides et des tirages de télés pour attirer les membres. Quand j’ai voulu, comme délégué syndical attirer des membres aux assemblées, je me suis toujours fait répondre : «Ça sert à rien, tout est décidé plus haut.» J’ai fini par comprendre que les membres avaient raison. Il n’y a aucune histoire d’amour entre les syndiqués et la bureaucratie syndicale. En fait, c’est tout le contraire. Il n’y a que mépris! Mépris des bureaucrates syndicaux envers les travailleurs, mépris des travailleurs envers les boss syndicaux.

Qui va obliger enfin les syndicats à plus de démocratie et que les présidents de centrales soient enfin élus par les membres après de vrais débats et non d’obscures collusions en catimini sans accord implicite des membres? M. Legault, libérez les syndiqués québécois des bureaucrates syndicaux carriéristes qui manipulent le mouvement syndical et redonnez le pouvoir aux travailleurs de décider qui devrait être leur chef. Le paternalisme des boss syndicaux doit cesser. Exigeons le respect, et que ce soit les travailleurs qui choisissent eux-mêmes leur président de centrale. Attendez-vous à un combat des chefs syndicaux contre le choix aux membres de décider de leur président de centrale.

Car il n’y a pas d’histoire d’amour entre les carriéristes syndicaux et les travailleurs.

André Michaud, Québec