Les services de contre-terrorisme irakiens patrouillant un quartier dans l'ouest de Mossoul, dans le cadre d'une offensive contre l'État islamique

Les saintes alliances entre politique, finance et religion

Les actions meurtrières menées par des groupes se réclamant de l'islam un peu partout dans le monde actuellement donnent à penser qu'il s'agit là d'une violence propre à cette religion d'une part, menée par ailleurs dans une perspective actuelle d'instauration d'hégémonie politique.
Pour utiles que soient de telles prémisses, il faut comprendre qu'elles s'appuient sur une analyse partielle qui fait abstraction du fondement historique millénaire sur lequel se sont érigés les pouvoirs politico-militaires et financiers, et qu'ont également favorisé le déploiement des systèmes de croyances religieuses.
Les travaux de générations d'historiens ont démontré les assises millénaires d'accaparement politique et militaire qui ont permis à des clans, des lignages ou des familles, aussi bien au Moyen-Orient qu'en Asie, et plus tard en Europe, de se réclamer de leur mission divine pour ériger des empires. Empereurs et monarques constituent, de nos jours, les derniers vestiges de ces pouvoirs dits de droit divin.
Bien évidemment, ils ne furent pas les seuls, en ces âges d'effervescence du recours aux croyances religieuses, à se prétendre dépositaires d'une mission divine. Prophètes et apôtres déclinèrent - et continuent de le faire encore aujourd'hui - diverses interprétations servant à décrypter les messages divins. Démarches qui, affirment-ils sans toujours l'exprimer clairement, s'avèrent utiles et nécessaires pour s'opposer à la mainmise territoriale, politique et financière de quelques potentats.
Ainsi, au fil des siècles, les discours véhiculés par tous les leaders des divers systèmes de croyances religieuses se sont construits sur la mise en place de contrepoids dans ce qu'il faut considérer comme le ballet des capteurs des pouvoirs politique, financier et religieux. Bien qu'ils soient davantage liés à l'histoire des puissances occidentales, les conflits entre judaïsme, christianisme et islam s'avèrent en cela tout à fait emblématiques de ces quêtes de pouvoir.
Pour bien comprendre les actions menées par les tenants de la présente guerre sainte, il s'avère nécessaire et salutaire de procéder à une analyse rigoureuse des discours sur le recours aux croyances religieuses, toutes tendances confondues, pour ce qu'ils sont : des entreprises créées par les humains visant des enjeux essentiellement terre-à-terre d'opposition, si ce n'est de contrôle, sur les pouvoirs politique et financier encore de nos jours.
Serge Genest, Québec