Les quarts de travail qui s'éternisent créent de sérieux dangers

On le sait depuis longtemps, la pénurie de personnel dans les hôpitaux amène des conditions de travail qui épuisent les employés.

Régulièrement, des infirmiers et infirmières se doivent d’additionner un second quart de travail à celui qui vient juste de se terminer. On parle ici de personnes qui travaillent dans un milieu stressant, dans lequel la concentration et l’attention sont essentielles à la santé, voire à la vie de leurs patients. Certes, j’entends déjà des gens me dire qu’il y a d’autres métiers où les heures de travail sont très longues. C’est vrai. Mais nous ne parlons pas ici de gens qui posent des gestes de façon répétitive, sans qu’il y ait de conséquences importantes aux erreurs causées. On parle de personnes qui travaillent avec des êtres humains, avec des gens souffrants et des gens qui nécessitent une attention de tout instant.

On exige des conducteurs de camion qu’ils se reposent un nombre d’heures par jour, pour ne pas perdre leur concentration. Mes conditions de santé m’ont amené à passer beaucoup de temps dans le milieu hospitalier dans les dernières années. J’ai côtoyé ces femmes et ces hommes sans qui notre système de santé ne saurait exister et je peux affirmer qu’elles et ils donnent le meilleur d’eux-mêmes! Je ne comprends pas non seulement que l’on puisse les forcer à rester au travail, mais plus encore, qu’il soit même permis de le faire.

Et s’il vous plaît, ne me parlez pas de questions d’économie! Les coûts entraînés par cet incident dépassent de loin ceux qui seraient entraînés par un meilleur traitement de ces employés de la santé. Cette infirmière ne doit sûrement pas être au travail ce matin, elle devra probablement être remplacée par une autre personne que l’on forcera probablement à rester après son quart de travail régulier. Pour ma part, comme travailleur autonome, les heures que je ne travaille pas, je ne rapporte pas d’argent au gouvernement par mes taxes et impôts. De plus, mes traitements liés à cet accident devront être défrayés par la SAAQ! Montrez-moi où sont les économies!

Je ne connais pas ce matin, au lendemain de l’accident, l’état de santé de cette femme qui s’est endormie d’extrême fatigue, mais j’aimerais surtout qu’elle ne se sente absolument pas responsable de l’accident…

Guy Rondeau

Lévis