Le directeur général de la Maison de Lauberivière, Éric Boulay, indique qu'il est difficile d'établir les causes de la hausse de fréquentation enregistrée dans la nuit de jeudi à vendredi, où sept personnes ont dû être dirigées vers d'autres ressources, comme la Maison Revivre et l'Armée du Salut.

Les propos de Lauberivière doivent être rectifiés

Lors de son passage à l'émission Bouchard en parle le 28 septembre, le directeur de la Maison de Lauberivière a tenu des propos qui, selon nous, demandent à ce qu'on rectifie certains faits. «Moi, donner 100 $ de plus à quelqu'un [assisté social], par exemple, qui a des problèmes de jeu compulsif, y va jouer 100 $ de plus. Un toxicomane, y va consommer 100 $ de plus. Ça donnera rien.»
Pour nous, ces commentaires provoquent colère et incompréhension. En exprimant son opposition à l'augmentation des chèques d'aide sociale, le directeur s'est permis d'asseoir ses propos sur des préjugés. En effet, il est clair que l'itinérance prend de multiples visages qui dépassent l'image du joueur compulsif ou de la personne intoxiquée. Par de tels propos, l'organisme semble nier la capacité de ces personnes à prendre des décisions les concernant.
Serait-il mieux de laisser les gens vivre une situation de pauvreté croissante plutôt que de leur permettre de vivre dignement? Six cent seize dollars par mois... Voilà à quoi se résume cette maigre prestation dans une ville où le coût moyen des logements est plus élevé qu'à Montréal. Six cent seize dollars pour des personnes considérées aptes au travail, mais dont moins de 10 % d'entre elles pourraient réellement retourner au travail dès demain, selon le gouvernement du Québec.
En exprimant des doutes sur l'augmentation de l'aide sociale, la Maison de Lauberivère fait un pied de nez public à tous les groupes qui travaillent avec acharnement à améliorer les conditions de vie des personnes assistées sociales et aux groupes qui en sont leurs alliés.
Il est clair que ce n'est pas en méprisant publiquement le travail des groupes de lutte à la pauvreté et de leurs regroupements que nous bâtirons une réelle solidarité sociale au Québec. Ceux-ci luttent pour éliminer les causes de la pauvreté, une mission commune à l'ensemble des groupes communautaires.
Les propos soulevés en ondes par le directeur de la Maison de Lauberivière vont donc à l'encontre de nos missions et alimentent les préjugés qui pèsent déjà trop lourd sur les épaules des personnes assistées sociales.
Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain
Bureau d'animation et d'information logement
Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions 03-12
Regroupement des femmes sans emploi du nord de Québec
Regroupement des organismes communautaires de la région 03