Les pétrolières exagèrent

À Gilbert Lavoie,
Monsieur Lavoie, 
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos deux chroniques portant sur les prix de l'essence à la pompe et je partage pleinement votre opinion. Ce matin, en lisant votre chronique, je n'en suis pas revenu du commentaire de la lectrice qui travaille pour une pétrolière depuis 24 ans, probablement une détaillante, comme vous le mentionnez.
Deux points méritent d'être rappelés à la mémoire des Québécois qui oublient leur devise : «Je me souviens». Personnellement, je me souviens que lorsque la Régie de l'énergie a été créée, c'était à la demande des détaillants indépendants qui accusaient les pétrolières de couper les prix à la pompe pour étouffer les indépendants et, ensuite, fixer les prix à leur guise. À ce moment, les indépendants disaient avoir besoin d'une marge de profit de 0,03 $ le litre pour couvrir leurs dépenses et réaliser un profit raisonnable.
La Régie a vu le jour et, depuis, elle fixe le prix minimum du litre d'essence. Or depuis quelques années, les détaillants prennent des marges de profit allant de 0,09 $ à 0,11 $ le litre. On est loin du 0,03 $ demandé. Évidemment, cette forte marge contribue à la hausse du prix de l'essence à la pompe.
Mon deuxième point fait référence à il y a quelques années, alors que le prix de l'essence au baril avait atteint un prix de 146 $. À ce moment, on payait l'essence à la pompe 1,40 $ le litre. Aujourd'hui, le prix du baril de pétrole est à moins de 50 $ et on vend l'essence à la pompe à plus de 1,00 $ le litre. Quand on demande pourquoi le prix à la pompe ne suit pas le prix du baril, on nous explique que c'est parce que les coûts à la raffinerie ont augmenté. Or les propriétaires des entreprises exploitant les puits de pétrole et les raffineries sont les mêmes. C'est tout simplement un détournement. Et ne comptons surtout pas sur nos dirigeants gouvernementaux pour réglementer cette industrie. Ils sont en conflit d'intérêts direct à cause des nombreuses taxes qu'ils retirent de la vente de l'essence.
Pier Dutil, Saint-Georges-de-Beauce