Les moins de 21 ans fument du cannabis, que la CAQ le veuille ou non

OPINION / En 1975, j’avais 18 ans et j’étudiais au Cégep Garneau. Le pot était illégal, mais il était déjà très facile pour n’importe qui d’en trouver.

Il était facile d’en trouver à Garneau, mais aussi au Cégep de Ste-foy, de Limoilou et partout ailleurs. Il n’était pas nécessaire de se faire geler à attendre l’ouverture de la SQCD, le pusher livrait à domicile ou dans la salle de classe. Malheureusement, la qualité n’était pas toujours au rendez-vous. Les étudiants fumaient de tout, du n’importe quoi et, occasionnellement, de la vraie «cochonnerie». J’ai des amis de l’époque qui ont affecté leur santé avec du «mauvais stock». Ils n’ont jamais su ce qu’ils avaient réellement fumé.

Les autorités, malgré des efforts sérieux, n’ont jamais réussi à enrayer ce marché, que ce soit à l’échelle des cégeps ou du Canada tout entier. Cela fait donc plus de 45 ans que le commerce illégal du pot fonctionne rondement au Québec et au Canada.

La décision intelligente du gouvernement du Canada, face à l’incapacité chronique de limiter ou contrôler ce marché, a été de légaliser la marijuana, d’en contrôler la qualité et de veiller à ce que les consommateurs soient bien informés sur ce qu’ils consomment. Interdire l’accès à la SQDC aux jeunes aura comme simple effet de les renvoyer au même marché noir qui fonctionne sans relâche depuis plus de 45 ans.

Beaucoup de jeunes de 18-21 ans vont fumer de la marijuana, que la CAQ le veuille ou non, et ce, indépendamment de tous les avertissements et déclarations que peuvent faire les ministres, la direction du cégep, le pape ou leur propre mère! La véritable question de santé publique qui se pose au gouvernement de la CAQ est la suivante : les jeunes les plus vulnérables vont-ils continuer à s’approvisionner au marché noir et fumer n’importe quoi ou auront-ils enfin accès à de la de qualité, produite et contrôlée par la SQDC avec les informations d’usage prudentes?

Louis Paré

Québec