Les lettres, la vraie liberté!

En réaction à la lettre d’opinion «La liberté pour qui?» écrite par Bruno Marquis, parue dans Le Soleil le 21 août

Comme auteur, j’en connais un bout sur la liberté… Je veux dire, la vraie, celle de penser. Issue d’une alphabétisation acquise académiquement. Au primaire. Ensuite au secondaire. Puis, au cégep. Et enfin, à l’université. Et comme vous le voyez — et le savez aussi —, je lis Le Soleil depuis que je suis haut comme ça. Je ne suis donc pas le «BS» tant dépeint et décrié par tous ces libertaires qui ne jurent que par les réseaux sociaux pour s’informer… ou se désinformer!

À la réflexion, qu’est-ce qui est plus onéreux? S’abonner à un journal dont la salle de rédaction s’amenuise telle une peau de chagrin, pour les raisons que l’on sait? Ou voir le monde dans la paume de sa main avec des gadgets achetés à prix d’or? La différence : ceux qui utilisent le second portent inconsciemment préjudice à ceux qui bossent dans le premier. D’abord, en les privant de leur pain et de leur beurre; et en se fiant au jeu du téléphone arabe pour être à l’affût des nouvelles.

Sans bien les connaître, on peut supposer leur paresse intellectuelle pour recourir, à si mauvais escient, aux Facebook de ce monde. Question de degré d’instruction? Pas toujours. Culture conventionnellement implantée? À coup sûr! Oui, les Maxime Bernier et consorts réclament leur «liberté» à cor et à cri. Mais pour traduire grosso modo la pensée de Bruno Marquis, la liberté de l’un s’arrête là où celle de l’autre commence. Principe de droit inaliénable.

Dans ma dernière lettre d’opinion, j’ai évoqué les émotions. Étant acteur de formation et touché par la santé mentale, j’en sais quelque chose là aussi. 

Or, mes années d’études m’ont permis d’exprimer cette (belle) folie avec les mots qu’on m’a enseignés à l’école. De même qu’à formuler ce que je pense d’une multitude de sujets. La curiosité d’écrivain se cultive, en combattant cette même paresse intellectuelle. En écrivant. Et en lisant. Les journaux, entre autres.

Il existe, et existera, des humains derrière les machines de plus en plus présentes. Pour articuler des opinions. Et pour informer, également. Avec professionnalisme. C’est leur boulot. Tiken Jah Fakoly a dit : «Le jour où tous les enfants africains iront à l’école, ils apprendront qu’ils ont des droits et ils les réclameront. Donc, l’arme de libération de l’Afrique, c’est l’éducation (par l’alphabétisation).»