Les jeunes doivent s’approprier Le Soleil

POINT DE VUE / J’apprenais lundi, en même temps que tous, que la Cour donnait son aval au plan de relance des six journaux du Groupe Capitales Médias.

Vous comprendrez qu’à titre d’ancien journaliste au Soleil, cette décision m’apporte beaucoup de joie, surtout parce qu’elle permet à mes anciens collègues de devenir les actionnaires majoritaires de ce bien public pour lequel ils dévouent corps et âme, tous les jours.

Fort de mon jeune âge, j’ai quitté mon emploi au Soleil il y a plus d’un an pour poursuivre une autre passion. Je n’ai pas quitté parce que je sentais que l’avenir de mon journal était incertain. Certes, plusieurs de mes confrères journalistes, pour la plupart d’excellents reporters, avaient décidé de quitter le navire, faute de mer plus calme à l’horizon. Pour ma part, j’ai toujours été optimiste en la capacité des artisans de ce journal centenaire à faire face aux défis qui se présenteraient.

Que les employés du Soleil, mais aussi ceux des autres journaux de GCM, deviennent les propriétaires de leur journal me fait surtout espérer que les jeunes – dont je fais partie – s’impliquent eux aussi à la relance de ce que plusieurs considèrent, à juste titre, une institution dans notre ville.

Les jeunes lecteurs, mais aussi les jeunes entrepreneurs, artistes, commerçants, étudiants, doivent tous participer, de quelque manière que ce soit, au succès du Soleil. Bien plus qu’un journal, le Soleil peut devenir un véritable catalyseur de l’information locale, régionale et nationale à Québec et dans l’est de la province, un lieu de rencontres et d’échanges. Certes, notre façon de consommer de l’information a changé dans la dernière décennie, mais le Soleil a toujours été à l’avant-garde en cette matière.

Le modèle de coopérative, maintenant officialisé, sort des sentiers battus, mais sa force réside en ses actionnaires. En si peu de temps, les artisans du Soleil, sûrement entraînés par le legs de ce quotidien ancré dans l’histoire de notre province (et de notre pays!), ont réussi à mettre sur pied un projet tourné vers l’avenir. Et c’est exactement ce dont Le Soleil a besoin : voir sa communauté, surtout ses jeunes, s’approprier ce média enraciné dans notre ville et le développer à son image.