PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE- Montreal---Premier ministre Stephen Harper s'arrete prononcer une allocution chez Globe Electric a Pointe-Claire. Photo illustrant la securite entourrant le PM.----25 aout 2015-GEN # 773346

Les femmes votent elles aussi!

M. Harper refuse de participer à un débat sur les enjeux qui touchent les femmes. Pas de surprise!
Dans un tel débat, les conservateurs ne pourraient que perdre des plumes! Examinons un peu les reculs qu'on subit des femmes canadiennes sous la férule du gouvernement Harper 
- l'élimination du financement du projet de base de données de Soeurs d'Esprit, qui recensait les femmes autochtones disparues, et le refus de créer une commission d'enquête nationale sur les causes de la disparition et du meurtre de près de 1200 femmes autochtones (selon les chiffres de la GRC)
- une réduction de 37 % du budget de Condition féminine Canada (http://www.swc-cfc.gc.ca/index-fr.html) et la fermeture de 12 de ses 16 bureaux régionaux
- l'abolition du Programme de contestation judiciaire qui soutenait financièrement les femmes, les organisations féministes et les groupes minoritaires pour s'adresser aux tribunaux pour obtenir l'égalité
- l'élimination de l'aide financière aux groupes de femmes pour la recherche, le lobbying et la défense des droits des femmes dans le but évident de museler les femmes progressistes - dans un même temps, le gouvernement conservateur a augmenté son aide aux organisations religieuses et à but lucratif
- l'abandon du programme national de garderies: sous prétexte d'offrir plus de choix aux parents, les conservateurs ont plutôt créé une allocation imposable de 100 $ par mois par enfant d'âge préscolaire, un montant à peine suffisant pour payer une gardienne de temps à autre - en décembre 2008, l'UNICEF a classé le Canada dernier sur 25 pays industrialisés en matière d'apprentissage et de garde de jeunes enfants.
Je pourrais continuer ainsi longtemps : modifications au programme d'assurance-emploi auquel 33 % des chômeuses ne sont pas admissibles, écarts salariaux entre hommes et femmes (en moyenne, les travailleuses à temps plein gagnent 30% de moins que les hommes) et n'oublions pas le débat sur l'avortement qui revient régulièrement sur le tapis. J'en passe... mais il y en a tellement!
Bref le bilan femme des conservateurs n'est pas reluisant : il est donc fort compréhensible qu'ils ne veuillent pas participer au débat sur le thème des femmes réclamé par la formation Up For Debate, une coalition de 175 groupes de femmes canadiennes. Mais pourquoi les autres partis fédéraux ne sautent-ils pas sur l'occasion de se faire valoir et d'écorcher un peu les conservateurs? Les femmes canadiennes méritent sûrement un débat, avec ou sans les conservateurs, pour les informer du positionnement de chaque parti sur les enjeux qui les concernent.
N'y a-t-il aucun parti intéressé à afficher sa position sur les enjeux femmes? Les Canadiennes veulent connaître et ont le droit de connaître la position des partis sur ces enjeux. Et, tant pis pour ceux qui ne voudront pas s'exprimer, les femmes ont la mémoire longue et elles votent elles aussi!
Ghislaine Jalbert, Montréal