Jason Kenney, premier ministre élu de l'Alberta.

Les enjeux de la démocratie scolaire

POINT DE VUE / Avec l’élection d’un gouvernement conservateur à l’Île-du-Prince-Édouard, le Canada compte donc maintenant sept provinces gouvernées par un parti conservateur, soit l’Ontario, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador en plus de l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces victoires successives pavent-elles la route à l’élection du chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, en octobre prochain, à la tête du pays? Pas si sûr, selon le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill et politologue Daniel Béland qui attribue plutôt ce changement de couleur politique à des facteurs internes. En 2015, quand le libéral Justin Trudeau a remporté les élections fédérales, trois des quatre plus grandes provinces du pays étaient dirigées par des libéraux. Au Québec, ils étaient au pouvoir depuis 2003 (sauf un intermède péquiste en 2012-2013), idem en Ontario. En Colombie-Britannique, ils dirigeaient depuis 2001, jusqu’à l’élection des néo-démocrates en 2017. Donc, c’est surtout l’usure du pouvoir subie par les gouvernements provinciaux qui a joué un rôle. Or, il se trouve que les conservateurs représentaient l’alternative traditionnelle.

Quant aux libéraux de Justin Trudeau, il est clair qu’ils sont fragilisés àè la suite des victoires des conservateurs dans plusieurs provinces canadiennes. On se retrouve avec des gouvernements provinciaux qui affichent des positions antagonistes par rapport à Ottawa. Cela place Justin Trudeau dans une attitude défensive face à un front commun de conservateurs dont le fil conducteur, pour certains de ceux-ci, est leur opposition à la taxe carbone.

Bref, une vague conservatrice qui risque de causer des surprises à Ottawa en octobre prochain!