«Par souci d’équité, il est temps plus que jamais que les États mettent fin à de telles pratiques discriminatoires, en obligeant ces «pirates de contenu» à payer leur juste part aux médias écrits ou parlés», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Les créateurs travaillent, les intermédiaires empochent

POINT DE VUE / Ce phénomène décrit dans le titre sévit malheureusement depuis longtemps dans de nombreux secteurs économiques et le monde culturel n’y fait pas exception. Pensons aux créateurs de chansons qui reçoivent des peccadilles pour leurs droits d’auteurs, alors que l’industrie de la musique ramasse la manne dans ses filets. Cette injustice se retrouve maintenant dans le monde de l’information écrite et parlée qui est vampirisé par les géants du Web.

En ce sens, l’appel de détresse du Groupe Capitales Médias (GCM), dont les revenus publicitaires sont siphonnés par les ténors de la Toile, est la pointe de l’iceberg d’un problème profond vécu par les médias et particulièrement par les journaux. En effet, ces parasites du net s’accaparent du travail effectué par les artisans de ces médias pour les diffuser sur le Web, et ce, en toute impunité.

Comme on le sait, les médias écrits ou parlés offrent une information vérifiée, tout en tentant de se rapprocher le plus possible d’un idéal d’objectivité. Ces démarches ont un coût et c’est le prix à payer pour alimenter une saine démocratie. Nous sommes à mille lieues des fausses nouvelles qui pullulent sur les réseaux sociaux en colportant, la plupart du temps, toutes sortes d’inepties. Les géants du Web, qui ne paient pas d’impôts ni de taxes dans les pays où ils opèrent, redirigent par surcroît des nouvelles en provenance des médias traditionnels vers leurs multiples plateformes sans leur offrir aucune compensation monétaire.

Par souci d’équité, il est temps plus que jamais que les États mettent fin à de telles pratiques discriminatoires, en obligeant ces «pirates de contenu» à payer leur juste part aux médias écrits ou parlés. Ce pourrait être une forme de ristourne versée aux médias en provenance de l’imposition de taxes ou d’impôts auprès des entreprises du Web. Cette redistribution permettrait entre autres aux journaux de redevenir rentables dans un marché assaini où chacun des joueurs bénéficierait des mêmes règles de jeu.