Les CHSLD de demain devraient adopter le modèle du Centre d’hébergement du Boisé

En réaction au Point de vue «CHSLD : le joyau inaccessible» de Mme Carole Germain paru le 12 septembre

Le 12 septembre, Mme Carole Germain a publié un texte d’opinion qui m’a touchée. Elle y écrit «… le Centre d’hébergement Du Boisé, pour l’avoir visité, est de loin le CHSLD par excellence.» Elle y mentionne que c’est l’endroit que sa famille avait choisi pour son père mais que celui-ci n’aura pas accès à ce joyau, le temps d’attente étant trop long. Ils devront trouver un autre établissement du réseau public pour son père. Elle déplore que seulement 64 personnes puissent avoir accès au CHSLD Du Boisé qui a une excellente réputation. Elle termine son témoignage en écrivant «Je souhaite sincèrement que la qualité des services et des soins offerts au CH du Boisé devienne la norme.» Nous partageons ce vœu.

Les établissements privés conventionnés, comme le Centre d’hébergement Du Boisé, sont très peu nombreux. Il y a 57 CHSLD et deux centres de réadaptation, incluant une unité de soins de fin de vie, qui sont bâtis et gérés avec ce modèle qui allie la souplesse de gestion du privé et les avantages du public, et ce, au sein même du réseau public. Ce sont donc 7000 résidents sur les 38 000 hébergés en CHSLD qui profitent de ces milieux de vie à échelle humaine. C’est trop peu. Notre réseau est prêt à construire et à gérer de nouveaux CHSLD tout aussi sécuritaires et agréables pour les 2600 personnes qui sont sur la liste d’attente pour une place. Le modèle privé conventionné, qui existe depuis 60 ans est très peu connu. Pourtant le Québec aurait avantage à en faire la norme en matière de gestion de CHSLD, comme l’écrit Mme Germain. Nous n’attendons qu’un engagement du gouvernement du Québec pour pallier ce cruel manque de places.

En créant de meilleurs milieux de vie, on créé de meilleurs milieux de travail, car l’un ne va pas sans l’autre. En offrant de meilleurs milieux de travail, le personnel reste en poste plus longtemps, ce qui engendre une stabilité qui est importante pour les résidents puisque cela permet de personnaliser les soins et les services qui leur sont offerts. Bref, on y gagne sur toute la ligne.

Le drame humain vécu par les personnes qui doivent attendre plusieurs années avant d’obtenir une place en CHSLD est réel et il pèse tant sur la personne qui doit être hébergée que sur ses proches. Avoir fait le choix d’un endroit qui offre ce qu’il y a de mieux en matière de soins et de services et devoir par la suite se diriger vers un autre CHSLD, parce que la liste d’attente est trop longue, est inhumain. La Loi sur les services de santé et les services sociaux indique qu’on peut choisir l’endroit où on veut habiter. Mais combien de personnes réussissent à obtenir une place dans le lieu de leur choix dans un délai décent? Poser la question, c’est y répondre.

Annick Lavoie, directrice générale
Association des établissements privés conventionnés