L’énergie éolienne: vecteur de développement économique!

POINT DE VUE / Voilà bientôt un an que certains s’acharnent sur la filière éolienne en la rendant responsable de bien des maux. La formule est vieille comme le monde : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Rappelons d’abord qu’il y a tout un pan de l’histoire qu’on occulte, celui des retombées économiques directes et indirectes, des taxes et des impôts payés par les opérateurs et les travailleurs des usines de composantes qui exportent à plein régime. Il y a les dividendes et remboursements des emprunts versés aux fonds de pension québécois qui sont les premiers bénéficiaires de l’épopée éolienne.

Regardons les deux côtés de la médaille avec attention. Commençons par les revenus, dimension tellement négligée dans cette discussion. Les parcs éoliens s’avèrent une véritable bouffée d’air frais pour l’ensemble des communautés qui ont la chance d’avoir un parc éolien sur leur territoire. Les redevances et le partage des bénéfices d’opération nous permettent de réaliser des travaux sur nos infrastructures que nous n’aurions pu réaliser autrement, tout en diminuant la pression sur nos contribuables. Dans une ville comme Gaspé, ce sont 800 000$ qui sont versés annuellement à la Ville par des parcs éoliens : près de 200 000 $ en redevances pour un parc sur son territoire et plus de 600 000 $ en revenus liés aux parcs communautaires dont elle est partenaire, de l’argent réinvesti à 100 % dans le milieu! Les emplois locaux liés à la construction et à l’entretien des parcs sont également un outil attractif auprès des jeunes adultes. Si le solde migratoire de nos communautés s’est largement amélioré, c’est en grande partie grâce à l’éolien!

Les usines de fabrications de composantes situées dans nos régions exportent et attirent des travailleurs. On a même vu des annonces d’offre d’emploi dans l’éolien pendant les pubs du Bye bye, rappelez-vous! Ces usines fonctionnent à plein régime et stimulent l’activité économique régionale et la construction résidentielle. N’eût été l’éolien, nos régions seraient encore en situation bien plus précaire faute d’alternative de développement. L’usine LM Wind Power à Gaspé, avec ses presque 500 employés, est maintenant le plus grand employeur privé en Gaspésie et exporte présentement 100 % de sa production, générant pour plus de 100 millions $ d’apport dans le PIB québécois. Un succès!

Des alternatives et des occasions d’affaires pour l’énergie d’Hydro-Québec, il y en a. On frappe à nos portes pour obtenir des locaux et de la main-d’œuvre afin de mettre sur pied des centres de calculs permettant de répondre aux besoins de l’industrie bancaire, du secteur des assurances et des autres utilisateurs des technologies liées à la chaîne de blocs. À Matane, les projets de relance du site Rock-Tenn en sont un bon exemple.

Or les promoteurs de ces projets se font répondre qu’Hydro-Québec n’a pas l’énergie suffisante pour les alimenter... Même chose à Baie-Comeau, où un promoteur se fait également répondre que l’énergie disponible n’est pas suffisante! Alors, oui ou non, sommes-nous en situation de surplus? Ne nous répète-t-on pas qu’il faut arrêter de dire que ce ne sont pas de vrais surplus? Avoir de l’énergie disponible devrait être une façon de développer les régions du Québec; pas de freiner leur développement!

Nous apprenions dernièrement qu’Hydro-Québec songeait à bâtir de nouveaux barrages hydroélectriques. Il faut rappeler que la forme d’énergie la plus abordable (6,3¢/kWh lors du dernier appel d’offres d’Hydro-Québec) est l’énergie éolienne, bien en-deçà du dernier projet hydroélectrique.

Gardons à l’esprit qu’au cours de la période 2003 à 2018, près de 4000 MW de production éolienne a été ajouté au réseau d’Hydro-Québec. Au cours de la même période, Hydro-Québec a mis en service et réalisé des travaux ajoutant près de 5000 MW de puissance hydraulique. Ces deux filières sont complémentaires et non en opposition l’une par rapport à l’autre. Si problème il y a, c’est celui de la valorisation de l’énergie propre et verte et non pas d’en avoir. Sans cette énergie, pas de transition énergétique. Sans marge de manœuvre, pas d’attraction d’entreprise de la nouvelle économie. Exporter chez nos voisins, c’est bien, mais projeter notre économie dans l’économie de demain c’est encore mieux. Vivement une politique de développement économique agressive et audacieuse, centrée sur les intérêts de toutes les régions du Québec.

Daniel Côté, maire de Gaspé et préfet de la MRC de La Côte-de-Gaspé Jérôme Landry, maire de Matane

Éric Dubé, maire de New Richmond

Simon Deschênes, maire de Ste-Anne-des-Monts et président de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Michel Lagacé, maire de St-Cyprien, préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de la Régie intermunicipale de l’énergie du Bas-St-Laurent

Serge Péloquin, maire de Sorel-Tracy

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau