Selon l'auteure de cette lettre, Ii est impératif, plutôt que de prendre l'approche qui semble régler le cas des pitbulls, de se diriger vers un encadrement qui donnera aux citoyens de vrais moyens de se protéger en cas de situations risquées.

Légiférer sur les pitbulls ne protègera pas la population

«Évitons la perte d'autres vies humaines», disait Yvan Giguère dans l'édition du Soleil du 29 juin dernier. Comment le faire? En élevant la barre pour les chiens et les citoyens.
En effet, il est de mon avis et de celui de l'AVMA, une association regroupant 88 000 vétérinaires, qu'une législation interdisant expressément la race pitbull ne protégera pas la population.
Au cours des dernières décennies, le doberman, le berger allemand et le rottweiler ont accumulé la réputation de chiens dangereux. Clairement, avec l'utilisation que l'humain en a faite, c'est le cours naturel des choses.
Mais vous savez, tellement de chiens de races tout autres ont entraîné des séquelles chez les humains... Comment peut-on penser qu'il est «pro-humain» de bannir une race de chien, en discriminant complètement les bons individus appartenant à celle-ci et en ignorant le fait que tellement d'autres races peuvent produire les mêmes résultats?
Chaque race de chien comporte ses mauvais représentants. Oui, des chiens agressifs font partie de notre société. Il faut accorder une surveillance plus attentive aux individus ayant un historique de violence et éduquer les citoyens sur les situations risquées.
En fait, ce sont le comportement du chien, la taille de ce dernier, le nombre d'individus en cause et la vulnérabilité du citoyen qui déterminent si une situation est propice aux ennuis.
Un propriétaire de chien a de grandes responsabilités. Sa manière d'occuper son animal et de le traiter va influer sur son comportement.
Il est impératif, plutôt que de prendre l'approche qui semble régler le cas des pitbulls, de se diriger vers un encadrement qui donnera aux citoyens de vrais moyens de se protéger en cas de situations risquées et qui ciblera les individus dangereux, permettant aux propriétaires de mieux travailler sur l'animal qu'il aime et élève.
Sandrine Tremblay, étudiante en médecine vétérinaire, Saint-Hyacinthe