«En prenant cette position d’abolition du financement public du secteur privé, qui deviendrait à 100 % à la charge des utilisateurs, les jeunes péquistes ont eu le courage de remettre en question la pertinence de cette situation anachronique», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

L’école publique plombée par le privé

POINT DE VUE / Lors du récent congrès du Comité national des jeunes du PQ, ces derniers ont voté une résolution exigeant l’abolition du financement public des écoles privées. En ouvrant de nouveau cette boîte de Pandore, ils ont souligné cette aberration unique au Canada qui consiste pour l’État québécois à subventionner les écoles privées à une hauteur de 60 %.

Rappelons que ce maintien d’un secteur privé et son financement par l’État se voulaient temporaires pour permettre l’adhésion du clergé à une démarche de laïcisation. Malheureusement, le temporaire est devenu permanent.

En maintenant ce système privé subventionné en concurrence directe avec la nouvelle école publique, l’État a introduit le ver dans la pomme de la réussite de sa réforme. En sélectionnant sa clientèle, le système privé a réussi à dévaloriser sa concurrente publique qui devait offrir un service pour l’ensemble de sa clientèle, y compris pour les élèves ayant des problématiques d’apprentissage et de comportement.

En mettant en opposition les performances des deux systèmes, on compare l’incomparable. Ainsi, pour conserver leur clientèle, les écoles publiques ont dû introduire des programmes particuliers, souvent sélectifs, avec des frais d’inscription imposés aux parents. On a voulu ainsi introduire du privé dans l’école publique en abandonnant la classe régulière où se retrouvent des cas lourds à la suite d’une intégration souvent sauvage. Cette nouvelle école publique à deux têtes a été officialisée par des décisions du ministre de l’Éducation assurant ainsi la pérennité d’un système scolaire qui, au dire du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), serait le plus inégalitaire au Canada.

En prenant cette position d’abolition du financement public du secteur privé, qui deviendrait à 100 % à la charge des utilisateurs, les jeunes péquistes ont eu le courage de remettre en question la pertinence de cette situation anachronique. Cependant, au lieu d’y mettre fin, la loi 40 permettra aux écoles privées de pouvoir utiliser certains aménagements, notamment des locaux appartenant à des écoles publiques. Ainsi, le secteur privé pourra accentuer son comportement parasitaire à l’égard d’une école publique qui aurait plutôt besoin qu’on cesse de la dépecer physiquement, moralement et financièrement.