Le troisième lien ou un deuxième lien?

POINT DE VUE / Et si l’empressement de construire le troisième lien était lié à l’état de décrépitude du pont Pierre-Laporte? La question se pose lorsque l’on sait que le bitume se délamine après seulement cinq ans d’usage et que des contraintes de poids empêchent d’en poser un plus épais. Cela indique à tout le moins que le Pont est soumis à des contraintes structurales importantes, atteignant ses limites.

Or, en Écosse, à Edimbourg où se trouve le Forth Bridge Road inauguré en 1964, pont jumeau du pont Pierre-Laporte, on a découvert des problèmes de corrosion sur ses câbles, affaiblissant sa résistance de 8 % à 10 %. Cet affaiblissement conjugué à l’accroissement de la circulation automobile et donc des charges a forcé sa fermeture et… la construction d’un troisième lien dont la réalisation a débuté en 2011 pour se terminer en 2017. Il ne serait pas surprenant qu’il en soit de même pour le pont Pierre-Laporte. D’autant qu’à la suite des constats du Forth Bridge Road, des études réalisées sur des ponts analogues, notamment aux États-Unis, ont permis de constater qu’il s’agissait de problèmes structuraux généralisés. Si l’on ajoute les particularités du climat québécois, l’usage de sels de déglaçage, l’accroissement exponentiel de la circulation et les différents problèmes constatés au cours des dernières années, le pire est à envisager.

Dans ce contexte, l’empressement du gouvernement Legault de construire rapidement un troisième lien s’explique mieux que par le simple problème de congestion ponctuel qui est sans commune mesure avec ce qu’endurent les Montréalais quotidiennement. Si cette hypothèse s’avère exacte, le véritable débat ne serait plus de savoir si nous avons besoin d’un troisième lien, mais bien si l’on peut s’en passer.