On veut abattre une centaine d’arbres dans le secteur du Boisé Rochebelle pour agrandir un stationnement à ciel ouvert alors que le secteur constitue déjà un îlot de chaleur, c’est-à-dire une menace pour la santé publique, écrit l’auteur.

Le tracé du tramway et la protection des boisés urbains

POINT DE VUE / Le débat de l’heure porte sur le tracé du futur tramway dans sa portion ouest. Pour l’un des défenseurs du tracé jusqu’à Marly, l’option se justifierait notamment par le développement domiciliaire à venir du Boisé Neilson. Il y a certes de meilleurs arguments pour justifier ce tracé, mais ce qui demeure problématique ici, c’est que la densification urbaine, qui justifie le projet du tramway, n’est pas comprise en son principe. Qu’en est-il?

Le principe de densification, au cœur du nouvel urbanisme, vise à freiner l’étalement urbain en regroupant la population et les services à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. Une «densification désirable», qui permet de créer les milieux de vie attractifs dont on a discuté au Forum sur l’habitation cette semaine, favoriserait le transport collectif tout en réduisant les dépenses en infrastructures publiques. On densifie un peu partout à Québec, parce qu’il est devenu nécessaire d’endiguer la hausse démographique tout en préservant les derniers milieux naturels existants (terres agricoles, milieux humides et boisés). Ces milieux naturels sont des «infrastructures vertes» qui valent une fortune en services écologiques.

Au dire de plusieurs, la Ville de Québec peine à appliquer ce principe de manière cohérente. Sillery perd ses arbres, tout comme le plateau de Sainte-Foy, un secteur de haute densification. Pourquoi abattre une centaine d’arbres dans le secteur du Boisé Rochebelle? Pour agrandir un stationnement à ciel ouvert (cela ne s’invente pas!) alors que le secteur est minéralisé et qu’il constitue déjà un îlot de chaleur, c’est-à-dire une menace pour la santé publique.

Dans une explication limpide, Jean Lamontagne a montré que la lisière de ce boisé est vitale, car la régénération en bordure est la condition même de sa protection et de la survie de son centre à plus long terme. Par ailleurs, si la Ville était sérieuse en affirmant que son projet ne portera pas atteinte au boisé, pourquoi n’accorde-t-elle pas sans délai le zonage approprié à sa protection définitive? En fait, malgré la plantation compensatoire de chicots, le boisé est menacé : «La Ville a tout mis en œuvre pour minimiser l’impact des travaux sur le boisé...» a indiqué la porte-parole Cindy Demontigny.

Comme le temps est compté, car nous sommes en train d’abattre des arbres dans la cour de nos enfants, je souhaite de tout cœur que les élèves de l’école de Rochebelle soient autorisés à se mobiliser la semaine prochaine pour leur avenir. Ces arbres sont à eux!