Le stress financier

POINT DE VUE / J’ai été surpris d’apprendre qu’il n’y a pas de corrélation entre les revenus et le stress financier («Le point sur la santé financière au Canada», 2020) et que toutes les classes d’âge étaient touchées. Après plus de 60 ans de société de consommation (terme inventé dans les années 50), malgré la hausse des revenus des ménages — le travail des femmes s’est généralisé graduellement — les gens sont paradoxalement de plus de plus endettés.

La facilité avec laquelle on peut se procurer des biens depuis l’apparition de l’achat en ligne au bout des doigts, d’autant plus aisément par l’accès facile au crédit, compte au nombre des facteurs explicatifs. Grâce aux périodes de ventes et de spéciaux quasi permanentes, jamais n’avons-nous autant d’occasions de faire des «économies».

Ajoutons à ceci la pression sociale générée par les enfants, les amis, les voisins, la famille pour être ou faire comme tout le monde... Et que dire de la boulimie des dépenses des municipalités (le compte de taxes s’en vient), de la frénésie des dépenses gouvernementales (on a des surplus!, vive le troisième lien), dépenses dont le paiement se retrouvera dans nos taxes, nos impôts.

Autre paradoxe, il y a un prix, souvent caché, à toujours vouloir payer moins cher! À part l’endettement ou l’absence d’épargne, parce qu’on ne peut résister à un rabais, on ne compte pas les coûts qui sont reportés à la société, ce qu’on appelle les externalités. La surconsommation engendre la pollution. Mais bon, je m’en préoccupe, je recycle. Que puis-je contre l’obsolescence programmée, la délocalisation des entreprises en Chine ou au Mexique, le gaspillage des ressources? De plus, les gens polluent en proportion de leur revenu et de leur capacité à consommer, alors je déculpabilise, un peu.