Au Québec, comme ailleurs, avec l’amorce des mesures de déconfinement, le domaine du spectacle vivant (musique sur scène, théâtre, danse, arts du cirque, etc) est souvent désigné comme étant le dernier secteur qui pourra reprendre ses activités.
Au Québec, comme ailleurs, avec l’amorce des mesures de déconfinement, le domaine du spectacle vivant (musique sur scène, théâtre, danse, arts du cirque, etc) est souvent désigné comme étant le dernier secteur qui pourra reprendre ses activités.

Le spectacle vivant après la COVID-19

POINT DE VUE / L’ampleur de la pandémie de COVID-19 à l’échelle de la planète a provoqué une véritable onde de choc dans le domaine des arts et de la culture. Au Québec, comme ailleurs, avec l’amorce des mesures de déconfinement, le domaine du spectacle vivant (musique sur scène, théâtre, danse, arts du cirque, etc) est souvent désigné comme étant le dernier secteur qui pourra reprendre ses activités.

Si le secteur culturel du spectacle vivant est un écosystème déjà fragile malgré sa créativité débordante, ce serait toutefois une erreur d’envisager la fin de la rencontre directe des artistes et des créateurs avec le public. 

Certes, il y aura sans conteste une période de transition, mais la tenue de représentations dans diverses disciplines des arts de la scène redeviendra à moyen terme une réalité du quotidien. Mais, en attendant une reprise, l’aide gouvernementale aux artistes et aux organismes artistiques s’impose et apparaît incontournable, à l’instar des autres secteurs d’activités. Ce soutien est fondamental pour permettre aux milieux artistiques et culturels de traverser cette période de turbulences. 

Il importe toutefois pour les gouvernements d’aller plus loin et de penser dès maintenant l’après-pandémie. En effet, comment définir un véritable plan gouvernemental de relance des arts de la scène, par des orientations et des mesures d’action concrètes qui permettraient de dégager une perspective d’avenir? Pour être prêt le moment venu, comment planifier maintenant l’après-COVID, en initiant une vaste opération qui se traduirait, tant par des incitatifs auprès des citoyens pour qu’ils fréquentent de nouveau les lieux de diffusion des arts de la scène, par des aides pour développer des programmations et des événements stimulants et créatifs, par un support à nos diffuseurs à la grandeur du Québec, que par des initiatives éducatives et culturelles pour les publics des milieux scolaires? Les gouvernements doivent prendre le temps du confinement actuel pour mobiliser le milieu artistique et culturel à ce vaste chantier, en s’appuyant sur la vitalité culturelle, essentielle à l’équilibre et au bien-être des citoyens dans toute société. 

Pourquoi ne pas en mettre plein la vue et les oreilles, question de rappeler l’importance des arts et de la culture? Pourquoi ne pas faire vivre l’espoir? Pour répondre à ce défi, il est souvent évoqué de faire un appel au «tout numérique», pour présenter à l’avenir les spectacles ou les concerts. 

La diffusion numérique des arts de la scène est une chose mais, sans réduire pour autant la portée spectaculaire des supports numériques pour la diffusion du spectacle vivant, jamais le numérique ne pourra remplacer la rencontre directe entre les artistes et le public. 

Sur ce sujet, s’il y avait un seul enjeu à mettre à l’ordre du jour, pour que nos créateurs et nos médias puissent tirer le plein potentiel financier de leur talent, ce serait bien celui du nécessaire encadrement des entreprises du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui font une concurrence déloyale sur les revenus publicitaires numériques. 

Pourquoi les gouvernements fédéral et du Québec n’entreprennent-t-ils pas des interventions plus musclées pour appuyer certains États européens qui militent activement pour légiférer en la matière? Pourquoi cette frilosité devant le géant américain? N’est-ce-pas Abraham Lincoln qui disait : «Si vous trouvez que la culture coûte cher, essayez l’ignorance». Là aussi l’urgence d’agir s’impose, parce qu’ici ce n’est pas seulement le spectacle vivant qui est en cause, mais la nécessaire diversité des cultures à travers le monde pour faire contrepoids à une mondialisation aseptisée!