Le Séminaire des Pères Maristes sur la défensive

Je prône l’éducation privée. Je suis fière d’être une ancienne du Collège St-Joseph de Hull, où j’ai fait mon secondaire. Mes parents m’ont offert ce qu’ils croyaient le mieux et je dois dire que cette éducation m’a donné de belles valeurs, de bonnes bases et plusieurs amies précieuses. Si j’avais à refaire mon parcours scolaire, je choisirais encore d’étudier au privé et je recommande fortement à tous ceux qui ont la chance de l’offrir à leurs enfants de le faire.

Malheureusement, l’excellence des institutions privées qui faisait autrefois leur réputation n’est pas quelque chose sur lequel peut s’asseoir qui veut. Les programmes doivent être revus et améliorés. Les bâtiments doivent être entretenus et adaptés. Les étudiants doivent être encadrés, récompensés… et réprimandés.

Le Séminaire des Pères Maristes s’est défendu de n’être pas intervenu parce que les étudiants étaient des enfants. Ensuite, il s’est également défendu de ne pas être intervenu parce que les accusations déposées contre les étudiants n’avaient pas encore été reconnues par la Cour. Finalement, le Séminaire des Pères Maristes s’est défendu de réintégrer les étudiants qui souhaitaient reprendre les classes parce qu’il en avait été forcé par les tribunaux. Maintenant que les étudiants sont officiellement accusés, le Séminaire des Pères Maristes se défend d’être contraint par la Loi de garder ceux-ci sur ses bancs d’école.

Comment se fait-il que le Séminaire des Pères Maristes traite cette affaire en mode défensif à tout coup? C’est une honte qu’un collège privé ayant aussi bonne réputation n’ait pas de bons candidats proactifs siégeant sur le conseil d’administration et ayant à cœur la sécurité des élèves pour s’occuper d’une situation de crise qui perdure depuis le printemps dernier. Si le Séminaire des Pères Maristes s’est offert la note de zéro en gestion de crise, c’est qu’il est tombé de haut, assis confortablement sur son excellente réputation. Quel gâchis!

La sécurité des étudiants repose en partie sur l’éducation. La prévention et la sensibilisation chez les jeunes pour leur faire comprendre l’impact que peuvent avoir une photo, un commentaire, une vidéo ou un échange de textos doivent faire partie de l’éducation au secondaire.

L’éducation revient aussi aux parents. L’éducation ne peut pas se faire qu’à l’école. Il incombe aux parents, autant à ceux des filles que ceux des garçons, de leur apprendre quels sont les comportements acceptables, ceux qui ne le sont pas, qu’il est important de mettre ses limites et surtout, surtout, de respecter les limites des autres. Cette éducation faite à la maison sert de base lorsqu’elle est déficiente à l’école, comme c’est le cas au Séminaire des Pères Maristes. Parce que ce n’est pas parce qu’on paye des milliers de dollars annuellement pour envoyer son enfant dans une institution privée que notre devoir d’éduquer notre enfant est compris dans le prix.

Un programme d’éducation ayant pour but la prévention et la sensibilisation face à l’utilisation des médias sociaux s’impose maintenant, pour les écoles publiques comme les écoles privées, vraisemblablement.


Catherine Ippersiel

Québec