Le rôle unique des avocats et notaires de l'État

Autour de 1000 avocats et notaires de l'État québécois à être en grève générale depuis le 24 octobre dernier.
Appelons-les les juristes de l'État. Ces juristes, relativement inconnus de la part des médias et a fortiori du public, exercent pourtant des fonctions essentielles. Nous ne les entendons pas, nous ne les voyons pas, mais ce sont eux qui mettent de l'huile dans la lourde machine gouvernementale pour qu'elle puisse fonctionner. Coincés entre l'appareil politique, les exigences juridiques, la loi, la doctrine, la jurisprudence, ces derniers doivent souvent faire preuve de créativité, d'imagination, de dévouement et de disponibilité.
J'ai souvent été témoin de leurs longues heures de travail, de la pression qui s'exerçait sur eux, de leur besoin et de leur désir d'être constamment à jour dans leurs connaissances et de se perfectionner. 
Ayant été directeur du Service de la formation permanente au Barreau du Québec de janvier 1989 à avril 2007, puis vice-président du Barreau (2008-2009) et enfin bâtonnier du Québec (2009-2010), j'ai été un témoin privilégié de leur professionnalisme. Ce que demandent les juristes de l'État, c'est la mise en place d'un mécanisme de détermination des conditions de travail, mécanisme qui tient compte de leur spécificité et de leur rôle unique dans l'administration au sein de l'État. Refuser ceci équivaut à la loi du plus fort, et la loi du plus fort, c'est la loi de la jungle. Le gouvernement doit avoir une meilleure écoute de ses ressources humaines professionnelles.
Pierre Chagnon, bâtonnier du Québec à la retraite, Boucherville