Le projet de tramway en péril

POINT DE VUE / Les gouvernements Trudeau et Legault clament tous deux, haut et fort, qu’ils tiennent à ce que le tramway de Québec se réalise. Au-delà de ces belles paroles, on se doit de constater qu’il n’en est rien.

Dans son attribution des fonds pour le transport en commun, le fédéral accorde des sommes à la ville de Montréal, puis demande au gouvernement provincial de la faire renoncer à ces sommes, pour que ce soit plutôt la ville de Québec qui en bénéficie. Montréal devrait même confirmer par écrit qu’elle n’a pas besoin des sommes auxquelles on lui demande de renoncer. Absurde ou loufoque, au choix! 

Le fédéral a un plan B : que le provincial puise les sommes manquantes dans d’autres fonds disponibles pour l’ensemble du Québec. 

Le problème, c’est que la ville de Québec devrait puiser dans ces fonds une portion disproportionnée, ne laissant qu’une portion congrue pour les autres projets et les autres municipalités.

Pour sa part, M. Legault adopte depuis le début une position fortement suspecte en refusant de puiser dans ces fonds la moindre somme pour financer le tramway. Le chat est finalement sorti du sac lorsqu’il a dévoilé son plan B à lui : réduire fortement le coût du réseau structurant. La Ville refuse avec raison de sabrer dans un réseau intégré dont la CAQ disait, en campagne électorale, qu’il devrait être allongé pour mieux desservir la banlieue.

Cette partie de ping-pong a de quoi alimenter le cynisme des citoyens. Seul le chef de l’opposition, M. Gosselin, se réjouit de voir que les gouvernements supérieurs sont en train d’enterrer un projet essentiel pour sa ville.