Le prix exhorbitant d'un CHSLD privé

Madame la ministre Marguerite Blais,

C’est à propos de mon père Marcel. Un «gentleman» de 85 ans qui pense le plus grand bien de vous. Mon père a la maladie de Parkinson avec une démence associée. Il ne voit presque plus, marche et mange difficilement. Mais il a encore toute sa tête et une résilience hors du commun. Il est depuis quelques mois dans un CHSLD privé à Québec. Je lui ai trouvé cette résidence après avoir cherché en vain une ressource adaptée à ses besoins dans la région de Shawinigan.

Vous comprendrez que ce n’était pas de gaieté de cœur que je l’ai arraché à sa région natale, mais je ne voyais pas comment faire autrement. Il reçoit maintenant des soins professionnels, il a une chambre aérée avec un fauteuil soulevant, de bons repas, des couloirs pour marcher, des activités. Mais ça lui coûte 6300 $ par mois pour vivre là. C’est une réalité qui n’est pas connue du grand public mais les CHSLD privés non conventionnés coûtent de 6000 $ à 8000 $ par mois. Qui peut se payer ça plus que quelques mois? Mais le hic, madame la ministre, c’est que nous sommes captifs en raison de la pénurie de places en CHSLD publics. On nous a expliqué dernièrement que nous pourrions attendre jusqu’à un an seulement pour qu’une travailleuse sociale vienne évaluer mon père et une fois que ce sera fait, il pourrait attendre une autre année avant d’obtenir une place dans un CHSLD public à Shawinigan.

Mon père était un homme engagé dans sa communauté, dans sa région, il a servi comme député, il a enseigné les sciences à des centaines d’élèves du secondaire. Il fait partie d’une génération qui a beaucoup donné au Québec et ça me peine de voir ce qu’il récolte à la fin de sa vie. Ça me désole de constater que le système est dans une telle impasse et que les plus vulnérables de nos aînés doivent en payer le prix.

Madame la ministre, je passe plusieurs heures par semaine à m’occuper de mon père au détriment de ma vie professionnelle et je ne voudrais pas faire autrement. Mais ce stress de ne pas savoir ce qui nous attend quand nous aurons complètement dilapidé les économies de mon père me pèse de plus en plus. Je vous demande svp d’aider les familles à couvrir les frais d’hébergement pour les personnes en CHSLD privés non conventionnés.

Marie-Hélène Bérard, Lévis