Le port de signes religieux: notre culture, mon opinion

Des étudiants de cinquième secondaire de la Polyvalente de l’Ancienne-Lorette nous ont offert leurs réflexions sur le dossier de la laïcité de l’État et le port des signes religieux. Voici leurs contributions.

Mettons-nous tout de suite en accord sur un point: Toute personne de notre société a le droit de s’exprimer! Pourquoi les personnes ayant des signes propres à leur religion et travaillant pour l’État (en position d’autorité) devraient cacher ces signes? Avez-vous des craintes vis-à-vis leur mode de vie? Personne ne devrait avoir de préjugés. Laissez-les s’exprimer, engageons le dialogue, et vous verrez que ce sont des personnes comme d’autres qui ont droit, elles aussi, à la liberté d’expression.

Prenons exemple sur le crucifix qu’on peut voir dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale et qui a été accroché par Maurice Duplessis en 1936. On peut souligner ici que le premier ministre François Legault s’est bien évidemment défendu en mentionnant tout au long de la campagne électorale que ce signe religieux « est là pour rester » étant donné qu’il « fait partie du patrimoine »1. Alain Giguère de CROP note qu’il s’agit du signe religieux le plus important du christianisme, mais aussi de l’histoire du Québec. À l’inverse, Michel Seymour, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, voit dans l’affichage de cette croix une sorte de contradiction, puisqu’à la base, la CAQ veut interdire le port de signes religieux visibles au nom de la laïcité, alors qu’elle-même en affiche un à l’Assemblée nationale, établissement supposément laïc2. Personnellement, j’y vois de l’injustice. 

Et qu’en est-il de l’enseignement? Est-ce que montrer sa religion de cette manière empêchera pour autant les enseignants de faire leur travail? Personnellement, je n’y crois pas du tout! Au contraire! Je trouve que c’est une belle façon de montrer aux élèves ce qu’est le vivre ensemble, le respect ainsi que la tolérance envers les différences, qu’elles soient culturelles, religieuses ou d’un autre ordre. De plus, en montrant leur religion ainsi, les enseignants pourraient permettre un grand apprentissage sur ces symboles religieux: leurs significations, leurs valeurs, pourquoi on les porte, etc. 

On s’entend tous pour dire qu’il est préférable d’avoir une société sans jugement, sans haine envers les cultures ou envers d’autres différences. Prônons une tolérance envers les religions du monde pour notre société! Apprenons aux gens de demain à vivre dans un monde d’harmonie, de paix, de respect et d’amour! Aidons-les à accepter les cultures. Battons-nous pour leur partager les valeurs tels que l’acceptation des autres, l’estime de soi, le respect des religions, la liberté, etc. Ne donnons pas le mauvais exemple en cachant les signes religieux parce que nous avons peur de la différence. Voyons-y quelque chose de beau et non de dangereux pour la laïcité. Vive la diversité culturelle et religieuse et à bas l’injustice! 

Jessyca Martel, 5ème secondaire

Polyvalente de L’Ancienne-Lorette