Le président du RTC, Rémy Normand, croit que le nouveau Métrobus 804 apaisera les frustrations des résidents du nord-ouest de Québec qui réclament un meilleur service depuis plusieurs années.

Le piège de l'incoordination planifiée du RTC

J'habite Val-Bélair depuis 22 ans. Pas besoin d'auto grâce à l'excellent système d'autobus. Mon 77 passe aux heures près de chez moi, je corresponds sans attendre au Terminus des Saules, puis me rends illico soit au Centre-Ville, soit à Sainte-Foy avec le 87. Satisfaction totale.
Et puis, tout a basculé. Le RTC a fait des «améliorations» : le 87 est devenu 804. Or, Dieu sait comment ou pourquoi, on a modifié l'horaire de telle sorte que cet autobus ne soit plus synchronisé avec les autres aux Saules! 
Par définition, un terminus est un endroit d'échange où tous les parcours arrivent et repartent en même temps, non ? C'était le cas : toutes les +22 et +52 minutes l'heure, les bus repartaient en choeur.
Maintenant, les usagers de Val-Bélair qui désirent aller à Sainte-Foy sont exclus de ce beau système. Nous sommes une dizaine qui grelottons stupidement dans l'abribus de longues minutes (ça a déjà été jusqu'à 18!) Qu'on manque une correspondance à cause d'une tempête de neige, ça se peut. Mais que ce soit sciemment planifié... !?! C'est aberrant! 
Pour le retour, la situation empire. Un certain samedi soir, le 804, toujours aléatoire, est arrivé à 21h55 aux Saules, soit trois minutes en retard dans un terminus vide vide vide. Et glacial. Mon 77 pour Val-Bélair passant aux heures, je dois l'attendre 57 longues minutes. 
Qu'est-ce que je fais ? Du jogging autour du rond-point ? De la méditation transcendentale sur un banc de neige ? Bon, je prends un taxi. Trente dollars ! Une fois mes informations prises au RTC, on me dit en toute candeur que le parcours 804 est imprécis. Ce genre de situation aberrante ne m'est jamais arrivée une seule fois en 22 ans, au temps béni du 87 ! 
Ce n'est pas tout. Un après-midi, je me trouve rue Saint-Jean, coin Sainte-Marie. Il me suffit de prendre le 807 sur d'Aiguillon pour avoir ma correspondance avec le 804 à Sainte-Foy et idéalement prendre celle à +52 aux Saules. L'expérience m'a prouvé que cela ne se produit pas nécessairement tel que prévu. Je contourne le problème en marchant jusqu'à la place Jacques-Cartier pour prendre un 74 ou un 84 qui arrivent toujours au terminus à temps. Pas grave. J'ai seulement 72 ans. Mais qu'adviendra-t-il lorsque je serai vieille et n'aurai plus l'énergie pour contourner l'incoordination planifiée du RTC ? 
Bref, mes déplacements sont devenus pénibles, stressants, frustrants, enrageants et coûteux. Tellement que je pense à déménager ou m'acheter une auto. Or, je ne désire ni l'un ni l'autre. Dire que la solution idéale existait depuis des décennies... 
J'ai déjà porté plainte deux fois au RTC et reçu un gentil message standardisé. Mais rien n'a changé. J'ai discuté avec un employé qui m'a servi des arguments tordus pour justifier l'injustifiable. Mais rien n'a changé... Pourquoi les Bélairois sont-ils pénalisés ? Nous payons pourtant le même prix !
Lorraine Paquet, Val-Bélair