Le Phare nouvelles maquettes

Le Phare exige une vraie consultation

Le «Globe and Mail» du 2 juin 2018, au cahier Arts, racontait l’histoire de l’homme qui sera derrière l’immeuble sculptural le plus haut de Toronto et du Canada tout entier. Cet homme c’est l’architecte Frank Gherry, icône encore vivante, récipiendaire de l’ordre du Canada en architecture en 2002.

Son édifice en deux tours intimement reliées l’une à l’autre a pour fonction de construire des condos et des commerces et peut-être aussi un hôtel, mais surtout de créer un corridor culturel sur la rue John Street, tel qu’imaginé par la Ville de Toronto, dans un environnement très dense composé des gratte-ciel de la Ville Reine.

Cet édifice devrait immortaliser au pays l’architecte né à Toronto en 1929 et qui revient à sa ville natale après avoir fait carrière dans le monde, pour construire un immeuble avec la signature sculpturale qui a su le distinguer d’entre tous avec par exemple le musée Guggenheim à Bilbao en Espagne ou le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles.

En contraste avec cette œuvre architecturale, à Québec, ville de charme et du patrimoine mondial, un entrepreneur immobilier veut s’immortaliser aussi en construisant Le Phare, l’édifice le plus haut à l’est de Montréal. On ne connaît cependant rien de l’intégration de cet édifice dans une ville comme Québec.

Projet contesté

Par ailleurs le projet est fort contesté et sachant qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale de ce projet, surtout après que le processus de planification ait été réalisé avec les citoyens via un plan particulier d’urbanisme et remis aux oubliettes sitôt rédigé, les citoyens s’attendent à un autre exercice de consultation publique, mais cette fois-ci dans les règles de l’art. La dimension de ce projet aux 65 étages et aux nombreuses tours viendra changer la dynamique de la Ville, déplacer des résidents et des commerçants, apporter des nuisances sur 10 ans et inquiète donc les citoyens de toute la ville.

Alors que la Ville a mené des consultations la semaine dernière sur la politique à venir de consultation publique, une des participantes à la séance du 31 mai a fait référence au modèle de consultation auquel les citoyens s’attendent à Québec avec le test de la consultation à venir sur le dossier du Phare.

La Ville convoquera-t-elle les citoyens durant leurs vacances estivales, fera-t-elle une consultation séparée pour que les citoyens et citoyennes ne connaissent pas les impacts appréhendés d’un quartier à un autre, fera-t-elle des consultations distinctes selon que les parties intéressées comptent pour la Ville ou ne comptent pas?

La Ville sait pourtant faire de grandes consultations. Elle nous en a donné la démonstration avec la consultation à grand déploiement d’avril 2018 sur la sécurité routière. Le grand public était invité, les experts étaient présents, les élus, les fonctions publiques et autres... Nous avons eu droit à une consultation sur deux jours avec animatrice professionnelle, grand écran, et compte-rendu en temps réel des opinions des citoyens qui s’exprimaient sur les médias sociaux et possibilités pour ceux qui participaient par internet de voir et entendre ceux qui prenaient le micro séance tenante.

Nous n’attendons rien de moins; nous voudrons aussi un suivi et les raisons pour lesquelles les recommandations des citoyens ne seront pas retenues. Et nous ne voulons pas être consultés en été ni dans le temps des Fêtes.

Mireille Bonin
Québec