Selon l'auteur de cette lettre, la sauvegarde et la pérennité de l'église Saint-Jean-Baptiste résident sûrement dans l'insertion d'une nouvelle fonction compatible avec son statut et sa vocation.

Le phare de Saint-Jean-Baptiste s'éteint

Pendant ce temps, de l'autre côté de la ville, s'éteint le phare du quartier Saint-Jean-Baptiste. Au grand désespoir du curé de la paroisse et dans l'indifférence quasi généralisée, ce monument d'architecture néo-classique, presque tombé en désuétude faute de fonds d'entretien, attend qu'un promoteur mette la main dessus pour en faire des condos, après y avoir très certainement découvert de l'amiante ou autres tares incitant à le détruire sans attendre.
Bien sûr, 11 millions $, c'est toute une somme pour remettre en état cet édifice du patrimoine architectural et culturel classé depuis longtemps. Sans nouvelle fonction et sans mécène inspiré et généreux, cela semble totalement illusoire. Le fardeau étant trop lourd pour la Fabrique et pour les citoyens, il ne reste que la fermeture annoncée.
La sauvegarde et la pérennité de l'église Saint-Jean-Baptiste résideraient sûrement dans l'insertion d'une nouvelle fonction compatible avec son statut et sa vocation, permettant de la remettre en valeur et peut-être aussi de générer certains revenus d'exploitation.
Les archives nationales du Québec pourraient y être avantageusement aménagées, en symbiose avec l'édifice et son décor intérieur. Libérées du pavillon Casault où elles sont presque ensevelies dans l'anonymat, les archives d'architecture, de photographies, de généalogie, les cartes anciennes et autres documents rares de notre histoire y seraient mieux à leur place et très certainement plus à proximité des citoyens et des visiteurs.
On pourrait y ajouter des expositions itinérantes de photos, de cartes d'explorateurs et d'artefacts reliés au patrimoine, intégrer des écrans de diffusion et des bornes interactives sans pour autant mettre de côté les concerts, le patrimoine religieux et les événements sociaux.
Salles de conférence, cafés, espaces polyvalents compléteraient très bien cette réappropriation et maintiendraient l'église en contact étroit avec ses paroissiens et avec les citoyens de la ville entière en créant, rue Saint-Jean, un lieu, une destination incontournable sur un parcours urbain des plus fréquentés. Il existe de nombreux précédents du même genre de par le vaste monde. Mais cela prendra plus que des voeux pieux pour parer à la disparition prévisible de l'église Saint-Jean-Baptiste! Et Saint-Roch viendra ensuite.
Jacques Plante, architecte et professeur à l'École d'architecture de l'Université Laval