L'article paru dans Le Soleil «Séjour d'horreur dans le Nord» contribue, selon l'auteure de ces lignes, à alimenter la répulsion que les Québécois et Québécoises peuvent ressentir face au nord de la province.

Le Nord, ce n'est pas que ça

Je suis la conjointe d'un homme qui a décidé de sauter les pieds joints dans l'aventure du Grand Nord québécois. Le Nord du territoire où l'on vit, de notre province, la direction que peu de gens prennent, car ils n'ont pas le courage ni la force de caractère de travailler dans ce tiers-monde.
L'article paru dans Le Soleil «Séjour d'horreur dans le Nord» contribue, à mon sens, à amplifier le sentiment d'incompréhension que l'on peut ressentir face au mal-être de nos communautés autochtones, mais contribue aussi à alimenter la répulsion que les Québécois et Québécoises peuvent ressentir face au nord de notre province.
Il a été mis au grand jour cette semaine que le Canada avait failli en matière d'égalité raciale et avait été condamné par le tribunal des droits de la personne à verser des millions pour pallier le manque de financement dans les services à l'enfance des années passées.
Dans son reportage à Radio-Canada, la journaliste Joyce Napier a évidemment mentionné le manque de ressources psychosociales aux familles autochtones, mais aussi aux personnes ayant fait le choix de servir et d'aider ces communautés ayant été laissées pour compte par notre gouvernement.
Le manque de main-d'oeuvre dans les services à l'enfance est criant et mène à l'épuisement professionnel et au découragement des gens qui étaient partis avec conviction et détermination vers cette région.
La lecture de l'article de M. Piedboeuf contribue, à mon sens, à amplifier ce problème et à accentuer davantage l'isolement des gens qui y vivent, autochtones et Québécois, car peu de personnes auront l'envie d'aller y travailler et d'aider ces communautés.
L'article contribue à la stigmatisation d'un peuple et à sa discrimination. Le Canada ne vient-il pas d'être tout juste condamné pour une telle attitude? Je ne veux en aucun cas minimiser les horreurs et le traumatisme que M. Cloutier a vécus. Le mutisme de mon conjoint concernant certains éléments de son quotidien et le partage de quelques récits me confirment que la violence est monnaie courante. Je crois que l'histoire de M. Cloutier en témoigne bien.
Mais le Nord, ce n'est pas juste ça. Pour amorcer un changement d'attitude par rapport à ces problèmes criants de notre peuple, il faut d'abord changer notre perception et cesser d'avoir un discours sensationnaliste. Et, au Québec, ça passe aussi par les médias.
Sophie Lessard-LatendresseQuébec