La Fédération des femmes du Québec (FFQ) se dit contre l'interdiction du port de signes religieux pour les employés de l'État. Les militantes croient que cela aurait notamment pour effet de restreindre l'accès au travail à nombreuses femmes.

Le mémoire d'un grand-père

En réaction au texte «Le mémoire d'une grand-mère» de Mme Hélène Leclère
La lecture du mémoire d'une grand-mère me rejoint sur plusieurs aspects. La laïcité de la grand-mère de Maria questionne cependant la laïcité du grand-père de Matane. La laïcité bien comprise est la séparation des pouvoirs des Églises et de l'État et la neutralité de l'État face à toutes les religions. L'État est neutre face à toutes les religions, mais il n'en interdit aucune.
Pour vous, grand-mère de Maria, le port de signes religieux par tout le personnel de l'État est inadmissible. Il doit toujours être proscrit. Le citoyen, cependant, a toujours le droit de montrer ou d'exprimer ses convictions religieuses en tout lieu, de la façon qu'il lui plaît (...)». En principe, c'est sans doute louable, mais comment faire appliquer cela dans la vie concrète de tous les jours? C'est, selon moi, totalement inapplicable. Une loi, disaient les Anciens qui ne peut pas s'appliquer facilement, n'est pas une bonne loi.
L'auteure du texte ne souhaite pas qu'un seul membre de l'État affiche ses couleurs religieuses. Elle donne le cas d'un hypothétique employé de la ville de Saguenay qui arriverait au travail avec un macaron épinglé à son veston et sur lequel il serait inscrit: «Je suis athée». J'ai eu la chance de croiser des jeunes au cégep qui affichaient d'une manière ostentatoire leur athéisme (t-shirt, tatouage...) Cela ne m'importunait pas du tout. Afficher l'inexistence de Dieu d'une façon ostentatoire n'est pas exposer son adhésion à une religion. C'est tout à fait le contraire. La personne en question affiche un signe antireligieux. Cela me faisait un grand plaisir de parler avec ces jeunes de leur position face au fait religieux, en leur demandant de me prouver ce qu'ils affichaient. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un capable de me démontrer l'inexistence de Dieu. J'en ai rencontré qui l'affirmaient, mais je n'ai jamais rencontré une seule personne capable de me le démontrer.
Affirmer son athéisme c'est affirmer qu'à partir du néant absolu tout être peut surgir, commencer de naître ou d'être. Si donc, il y avait eu un jour, ou une fois, le néant absolu, il faudrait admettre que rien ne peut commencer, car du néant rien ne peut apparaître. Conséquence: il faut admettre qu'il y a toujours eu quelque être, ou si vous voulez quelque être est nécessaire, éternel dans le passé, éternel dans le présent et dans l'avenir. Les philosophes grecs nous ont appris que l'Être nécessaire lui-même ne peut commencer, être en genèse, en évolution, en devenir, ni vieillir ni périr. La science contemporaine nous apprend que l'Univers physique est en régime de genèse, de corruption. L'expérience le prouve. L'Univers physique n'est pas l'Être absolu que l'intelligence humaine peut comprendre par son intelligence. Il vient de quelqu'un, surtout pas du néant absolu qui ne peut engendrer l'être puisqu'il ne peut exister. L'Être absolu est tout autre chose que l'Univers physique. Comme rien ne peut sortir du néant absolu, il faut donc quelqu'un donne à tout être d'être ce qu'il est puisqu'aucun être ne peut, de lui-même, se donner l'être qu'il n'avait pas et que cet être ne peut sortir du néant absolu.
Le maire de Saguenay peut accepter un macaron prônant l'athéisme puisque l'athéisme nie l'existence de Dieu. Il épingle tout simplement un signe ostentatoire antireligieux sans être capable de démontrer pourquoi il en est arrivé à la conclusion de l'inexistence de Dieu. Je n'avais donc aucun problème de vivre avec des jeunes de niveau collégial qui portaient des signes antireligieux.
Le grand-père de Matane est en accord avec la grand-mère de Maria sur plusieurs points mais divergent sur d'autres.
Nestor Turcotte, Matane