Le maire Régis Labeaume

Le maire démolisseur de Saint-Sauveur

En réaction au texte «Le "kick" pour la basse ville», paru le 22 décembre
Je suis estomaquée par la lecture des deux pages du Soleil, où monsieur le maire Régis Labeaume parle de son kick pour la basse ville et plus particulièrement Saint-Sauveur, dont je suis résidente depuis bientôt 12 ans.
Le maire est quatre ans en retard. Depuis 2012, il fait des promesses de «nouveau» quartier Saint-Sauveur 2.0, mais la seule véritable réalisation de monsieur Labeaume, dont je suis témoin depuis quelques semaines, c'est la démolition du Centre Durocher, qui aurait pu devenir une Maison de la culture s'il avait eu une once d'écoute du communautaire et de la population du quartier.
Ce dernier dit à la journaliste du Soleil, Valérie Gaudreau : «Le communautaire reprend de la place dans les quartiers. Je veux être là. Je veux participer, je veux les aider, je crois à ce qu'ils font.» Ça prend du culot d'affirmer cela puisqu'il a toujours refusé de rencontrer les 150 artistes, les 15 organismes communautaires, les 50 commerçants et le Conseil de quartier qui ne voulaient pas voir démolir le Centre Durocher et qui réclamaient une Maison de la culture. De plus, le Conseil de quartier de Saint-Sauveur et le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur ont travaillé durant quatre ans pour élaborer un Plan de mobilité durable de quartier vanté par la conseillère municipale Chantal Gilbert de l'équipe Labeaume et par le directeur de la santé publique. Cependant, l'administration Labeaume a refusé de financer la mise en oeuvre de ce plan parce que monsieur le maire ne croit pas au travail des conseils de quartier.
Monsieur Labeaume parle du SRB sur Charest et de la densification de ce boulevard, plus particulièrement entre l'autoroute Robert-Bourassa et Marie-de-l'Incarnation. En lien avec le SRB et une demande de plusieurs organisations du quartier, il oublie de dire qu'il a refusé de s'engager à faire tout son possible afin de maintenir le ratio de 30 % de logements sociaux dans les nouvelles constructions pour éviter l'embourgeoisement de notre quartier. Des groupes du milieu ont aussi demandé une étude d'impact du projet de SRB concernant les effets sur le quartier en ce qui a trait à la hausse de la valeur des terrains et des maisons et du prix des logements dans le quartier. Cette étude n'a pas été annoncée. Je tiens à rappeler que Saint-Sauveur est déjà le quartier le plus densément peuplé de Québec.
Le maire parle des stationnements à ciel ouvert et invite les propriétaires à penser au développement. Monsieur Labeaume a déjà refusé deux projets de logements sociaux sur le plus grand stationnement de Saint-Sauveur, qui appartient à la Ville. D'ailleurs, les promoteurs de la Maison de la culture lui suggéraient de faire les logements sociaux sur ce stationnement plutôt que sur le site du Centre Durocher. Ceci aurait évité le million de dollars qu'a dû coûter l'enlèvement de l'amiante et la démolition du Centre Durocher, un édifice en bon état.
Toujours dans le même article, monsieur Labeaume affirme : «La prochaine job que je fais, je vais rencontrer des commerçants de la rue Saint-Vallier bientôt.» Je tiens à lui signaler, au cas où il lirait cette opinion d'une résidente de Saint-Sauveur, qu'il risque de tomber sur un des cinquante commerçants du quartier qui ont appuyé le projet de Maison de la culture. 
Monsieur le maire parle de Saint-Sauveur comme «le prochain Quartier latin» de Québec. Il est complètement déconnecté des besoins des citoyens et des citoyennes qui ne veulent pas d'un quartier «tendance», mais plutôt d'un quartier où les logements restent abordables et où les services de proximité se développent. Je fais partie de cette population diversifiée où jeunes et moins jeunes, locaux et nouveaux arrivants, ouvriers et professionnels se côtoient en symbiose tous les jours. J'invite monsieur Labeaume à me contacter pour que je lui explique qu'il est possible de développer un quartier avec une nouvelle population tout en écoutant les besoins de ceux qui y étaient déjà. Les forces vives du quartier sont déjà en place pour un développement harmonieux et à l'image de ses résidents. Il ne reste plus qu'aux politiciens à passer en mode «écoute» et à s'adapter aux nouvelles réalités.
Pascale Desbois, résidente de Saint-Sauveur