Le lobby des pitous

Marc Simard
Marc Simard
Québec
POINT DE VUE / Ainsi, le gouvernement Legault fait volte-face en matière d’encadrement des chiens dangereux et s’en remet aux municipalités pour réglementer ceux-ci et, éventuellement, faire euthanasier un chien qui aurait causé des blessures graves ou aurait entraîné la mort de sa malheureuse et innocente victime.

Le lobby des pitous a donc encore gagné, ayant déjà réussi à faire reculer le ministre Coiteux à l’époque du gouvernement Couillard et ayant subjugué la mairesse de Montréal. Ce lobby, constitué des propriétaires de molosses, genre pitbull, des vétérinaires et de la SPA a, depuis quelques années, développé l’argumentaire suivant : aucune race de chien n’est plus dangereuse que les autres; il est impossible de proscrire la possession d’une race de chiens puisque nombre de ceux-ci sont génétiquement croisés et ne peuvent être identifiés avec précision; enfin, à la base, aucun chien n’est dangereux en soi, puisque c’est l’éducation qu’il a reçue (ou n’a pas reçue) de son maître qui est la cause première de son comportement. Ainsi, un chien qui mord le serait parce que son maître ne l’a pas élevé ou parce qu’il l’a dressé à être agressif.

À la suite de la reculade de la ministre Guilbault (qui est aussi ma députée), je propose qu’on prenne les membres du lobby canin au mot. Puisque le chien n’est pas responsable de ses actes et qu’il serait injuste de punir les bons chiens et leurs non moins bons maîtres en prohibant la possession de certaines races, il faut amender le Code criminel (de compétence fédérale) pour faire en sorte qu’un chien qui blesse ou tue une personne en le mordant ou autrement soit considéré comme l’extension de son maître. Ainsi, le propriétaire d’un chien qui aurait blessé ou tué quelqu’un devrait être poursuivi pour agression, voies de fait ou homicide, volontaire ou involontaire.

Rendus où nous en sommes, c’est la seule façon d’assurer la sécurité du public, puisque le gouvernement Legault s’en lave les mains et que les municipalités (cf. Montréal) sont souvent sous la coupe du lobby des pitous. Je parie d’ailleurs qu’avec la criminalisation des agressions des pitous, leurs maîtres les élèveront beaucoup mieux. Le nombre de propriétaires de chiens qui dressent ceux-ci pour intimider les gens ou pour en faire une arme diminuera drastiquement.

Je demande donc à M. Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert, de porter cette requête à l’attention du caucus libéral.