Le lien école-famille: complicité et complémentarité

Nous savons, nous souhaitons, que le ministère de l’Éducation désire mieux outiller les écoles, augmenter les ressources humaines, matérielles et financières pour améliorer les services de dépistage et d’accompagnement des élèves vivant des difficultés diverses mettant en cause leurs chances de réussite scolaire : déficit d’attention, troubles du langage, déficience intellectuelle, etc.

On parle de dépistage hâtif en bas âge, de services psychologiques, des services orthopédagogiques, d’orthophonie et autres services d’adaptation scolaire. Plus tôt on intervient, même avant l’arrivée dans le système scolaire, plus vite le jeune pourra en profiter, c’est le gros bon sens. Imaginez, on veut dépister en très bas âge, deux ou trois ans, et proposer des services adaptés. 

On augmentera de beaucoup les effets bénéfiques précoces si la famille est mise à contribution. Pensons au modèle des cubes d’énergie proposé par Pierre Lavoie qui est un vrai succès parce que la contribution des parents est une composante essentielle. Déjà, quand on établit un plan d’intervention visant à aider les intervenants à être plus efficaces dans leur volonté de donner à l’enfant des services pour l’aider à développer des habitudes de réussite, l’école informe les parents; quand ceux-ci sont mieux outillés, un effet de complicité se traduit par une démarche mieux vécue.

En fait, il se fait déjà des actions et il est nécessaire de faire plus : plus de complicité, plus de complémentarité, plus de dialogue. Cette complémentarité exige la prudence, le respect, la confiance et un accompagnement constant sans pression, mais plutôt axé sur les progrès observés. Sans considérer que les parents deviendront subitement compétents, il est probable qu’ils sauront profiter, eux aussi, du soutien des professionnels et éviter certains inconforts, voire même des oppositions.

Des personnes mieux informées sont habituellement mieux disposées à collaborer, surtout quand c’est la réussite d’un enfant qui est en cause. Un jour à la fois, un pas à la fois, avoir le droit à l’hésitation, parfois à l’erreur et à la reprise pour des interventions qui produisent les effets escomptés. Les parents ont aussi des compétences et un lien privilégié; la confiance mutuelle devient une condition essentielle. Les défis sont de taille, mais ça vaut la peine d’y réfléchir. Bref, ne pas imposer, mais plutôt offrir et accompagner dans le respect et l’harmonie. Il y a lieu d’être optimistes.

André Drapeau, Saint-Roch-des-Aulnaies