François Legault

Le français et la compétence, c’est possible

Nous ne voulons pas écrire dans une optique étroite, partisane, contre M. Legault et son imprudente déclaration sur les critères de sélection des immigrants. Il y a quand même quelque chose d’inquiétant dans ces propos qui indiquent une insuffisance intellectuelle chez un homme qui brigue le poste de premier ministre du Québec.

Cet homme devrait, spontanément, pouvoir embrasser tous les aspects d’une question aussi délicate qui touche à l’intégration identitaire et économique des immigrants, et ne rien dire d’inconsidéré et de contradictoire à ce sujet.

Nous comprenons fort bien que l’on veuille recruter des immigrants dont le métier et la compétence professionnelle correspondent aux besoins de notre économie. Mais en quoi cela s’oppose-t-il à ce qu’ils aient une connaissance préalable du français et appartiennent à des cultures compatibles avec nos traditions et nos valeurs? Cela ne fait que prévenir des difficultés, voire des troubles, que l’on ne pourra éviter après la venue d’une forte immigration qui ne se francisera que fort peu ou pas du tout, et qui créera des sociétés parallèles.

Le premier devoir du gouvernement du Québec est de conserver et de renforcer la langue et la culture françaises sur notre territoire à demi encerclé et assailli par une mer anglophone. Le gouvernement Couillard veut que toutes les lois et les règlements du Québec soient examinés sous l’angle de leur effet sur la «minorité» anglaise du Québec! Combien, à plus forte raison, est-il plus important que l’immigration soit conçue et mise en œuvre dans le respect d’un double critère appliqué à stricte égalité, soit une immigration déjà française ou contrainte à la francisation, et une immigration immédiatement utile sur les plans culturel, social et économique.

De grâce, M. Legault, corrigez vos propos ou, à tout le moins, évitez à l’avenir des paroles qui détruisent ou compromettent une politique migratoire qui devrait définir clairement le Québec au lieu d’ajouter à la confusion par des signaux contradictoires, pour les Québécois et pour les immigrants.

Hubert Larocque, Gatineau