Le Fonds de solidarité est-il déconnecté de la réalité de la région de Québec?

On a appris, le 28 décembre 2018, que le Fonds de solidarité de la FTQ songeait à investir dans le projet Le Phare.

J’avoue que comme citoyenne, je m’interroge. Ce sont les souscriptions des gens ordinaires, des gens de la classe moyenne qui permettent à cet outil de développement du Québec d’exister et de fonctionner. 

Toutefois, cette intention d’investissement dans un projet comme celui du Phare ne me paraît pas tenir compte de l’opposition d’un très grand nombre de personnes qui se sont prononcées, aussi bien dans les séances dites d’information, par des mémoires ou une pétition déposée lors de la dernière séance du conseil municipal de 2018 et qui contenait 2000 signatures. 

Certains experts se sont aussi prononcés contre ce projet, qu’il s’agisse d’urbanistes ou d’architectes dont l’Ordre des architectes qui a critiqué la Ville de Québec de vouloir déroger au programme particulier d’urbanisme adopté pour ce secteur.

Le Fonds de solidarité semble vouloir investir dans un projet dont l’acceptabilité sociale paraît pour le moins problématique. Est-ce que ce Fonds peut vraiment se permettre d’ignorer cette réalité dans cette décision? À mes yeux, le Fonds devrait prendre cela en considération. 

Cet article m’amène à m’interroger sur les décisions prises par les responsables de certains de nos outils de développement. Est-ce que le bien commun est vraiment recherché si on ne tient pas compte des impacts de ces décisions sur la société québécoise, sur les attentes exprimées ou sur l’opposition manifestée? Chacun peut répondre à sa façon à cette question. Je me permets de vous donner ma réponse : clairement non.

J’aurais donné une réponse similaire sur les récentes décisions prises par la Caisse de dépôt et placement dans le développement de certaines de nos infrastructures de transport. Était-il normal que l’on exporte des emplois ailleurs sans exiger aucune retombée locale alors que bien d’autres gouvernements occidentaux se permettent cela? Sommes-nous, si l’on peut utiliser cette figure de style, « plus catholique que le pape »?

Nicole Moreau

Québec