Les outils pour connaître sa généalogie sont très utiles pour les personnes confiées à l'adoption qui sont en quête de leurs origines, de leur identité.

Le droit de connaître ses origines génétiques

En réaction au texte «Tourisme généalogique : Québec rate-t-elle le train?», paru le 11 mars
L'article d'Annie Mathieu est très intéressant. Il est vrai que la généalogie pourrait être un moteur touristique pour Québec, considérant qu'elle est le «berceau de l'Amérique». Plusieurs arrivent à trouver leur histoire et leurs ancêtres via ces nombreux sites de généalogie et nombreuses banques de données de codes génétiques. 
Par contre, comme mentionné dans l'encart «Connaître ses ancêtres grâce à la salive», ce type d'outil est très utile pour les personnes confiées à l'adoption qui sont en quête de leurs origines, de leur identité. D'ailleurs de nombreuses personnes portant l'étiquette «adopté» se tournent vers des outils de ce genre, faute de collaboration de la part des autorités gouvernementales. Il est malheureux de constater que le Québec continue de retarder l'adoption du projet de loi 113 qui offrirait, entre autres choses, de dévoiler leur identité d'origine à des milliers de Québécoises et de Québécois, par une simple demande au Service d'antécédents et retrouvailles des Centres jeunesse du Québec (CIUSSS). 
Ces personnes n'auraient pas à débourser des centaines de dollars et à consacrer des heures de travail et de recherches pour avoir accès au nom de leur mère, leur identité. Cette information existe dans le dossier de placement/adoption et elle est tenue confidentielle. Sans le consentement de la personne recherchée, et ce, au-delà de son décès, il n'est pas possible d'y avoir accès. N'est-il pas aberrant qu'une province et ses dirigeants continuent de retenir cette information qui appartient de droit à tout être humain, qu'il soit adopté ou non? 
Une personne sur sept, au Québec, est touchée directement par l'adoption. N'est-ce pas là un chiffre qui devrait faire réfléchir le Québec sur l'importance d'agir rapidement? On parle de l'importance de connaître ses origines pour diverses raisons, mais la principale à considérer est celle du plan médical. Comment un médecin qui dirige notre province peut-il ignorer ceci? 
N'est-ce pas là une faute grave de retenir l'information génétique de quelqu'un sous prétexte que l'identité du parent d'origine doit rester confidentielle? 
Caroline Fortin, présidente et coordonnatrice provinciale Mouvement Retrouvailles, Lévis