Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Le dogmatisme de M. Barrette crée l'incertitude et l'angoisse

Lettre ouverte au ministre de la Santé et des Services sociaux
L'improvisation dont a fait preuve le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à la suite de la publication du règlement abolissant les frais accessoires, a plongé des centaines de milliers de patients dans l'incertitude à travers tout le Québec. Enchaînant les apparitions médiatiques sous prétexte de clarifier sa réglementation, le ministre a multiplié les déclarations qui n'ont fait qu'ajouter à la confusion au sujet des frais accessoires, tant chez les professionnels de la santé que chez leurs patients.
Cette confusion aurait été évitée si le ministre avait agi dans le véritable intérêt des Québécoises et Québécois qui, trop souvent encore, peinent à obtenir les services de santé dont ils ont besoin. Alors qu'il devrait agir en rassembleur, le ministre a plutôt choisi la voie de la confrontation. Il impose réforme après réforme, sans mener d'études d'impact et sans consultation véritable des acteurs du système de santé, comme si celui-ci lui appartenait. Il ne témoigne d'aucun égard pour les professionnels de la santé qui en sont pourtant l'âme et le coeur.
Mais le pire, c'est que malgré les prétentions du ministre, les patients ne voient toujours aucune amélioration de leur sort dans beaucoup de secteurs : attentes interminables dans les établissements de santé, délais inacceptables pour des examens cruciaux qui entraînent des retards de traitement, salles d'opération sous-utilisées par manque de personnel infirmier, etc. Et voilà que s'ajoute maintenant la menace de voir certains services offerts en cliniques, en pharmacies et chez l'optométriste ne plus être rémunérés, forçant ainsi les patients à subir des délais d'attente intolérables en les retournant dans des établissements de santé déjà surchargés et incapables de répondre aux besoins.
Nous vous écrivons aujourd'hui au nom de milliers de nos membres pour vous demander de penser véritablement à ceux et celles qui comptent le plus sur le système de santé québécois, soit les patients. Ceux-ci sont en droit de s'attendre à un système efficace, ouvert, accessible à tous et axé sur leurs besoins. Le Québec se doit d'être à la hauteur de leurs attentes.
Monsieur le ministre, il est temps de mettre fin à l'attitude de confrontation qui a marqué les rapports que vous entretenez depuis les deux dernières années avec l'ensemble des professionnels de la santé. Vous devez garder à l'esprit que le véritable enjeu des réformes que vous avez entreprises demeure et demeurera toujours la santé des patients. Rien ne peut justifier qu'on leur fasse porter les conséquences de votre dogmatisme.
Jean Thiffault, président, Association québécoise des pharmaciens propriétaires;
Diane Francoeur, présidente, Fédération des médecins spécialistes du Québec;
Louis Godin, président, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec;
Steven Carrier, président, Association des optométristes du Québec