Le projet prévoit la construction de deux centrales dans la partie inférieure du fleuve Churchill, au Labrador, qui doivent produire quelque 2800 mégawatts d'électricité à partir de 2015.

Le dilemme du Juge Silcoff

De quel coté la balance de la Justice penchera-t-elle?
La conclusion du procès du contrat de Churchill Falls est entre les mains de l'Honorable Juge Silcoff de la Cour supérieure du Québec. La requête a été déposée en février 2010 et le jugement sera vraisemblablement rendu avant la fin de 2014.
Il s'agit d'un litige de 130 milliards opposant d'une part Hydro-Québec et d'autre part la Churchill Falls (Labrador) Corporation Limited (CFLCo). Si la bonne foi dans un contrat est la clef de voûte de notre Code civil, c'est donc très bientôt que toute l'Amérique du Nord, dont le Canada, le Québec et Terre-Neuve en particulier, obtiendront la confirmation que le Code civil du Québec n'est pas qu'un ramassis de voeux pieux mais bel et bien un instrument exemplaire de justice et d'équité.
Alors, de quel coté la balance de la justice penchera-t-elle? Si elle penche en faveur de Terre-Neuve, les Québécois seront tenus de négocier avec les Terre-Neuviens le partage de ces 130 milliards. Si, par contre, elle penche en faveur d'Hydro-Québec, ce sera le statut quo contractuel: les 130 milliards seront pour Hydro-Québec, ne laissant ainsi presque rien à Terre-Neuve.
Cela ne serait pas la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un tribunal accepte de renier tous ses beaux principes de justice et d'équité pour ne pas déplaire à son souverain. Heureusement pour tous, la Cour supérieure du Québec appliquera scrupuleusement les principes de justice et d'équité inscrits dans notre Code civil. Et la raison en est fort simple: si elle ne le fait pas, les Terre-Neuviens n'auront plus à respecter aucune des lois du Québec et encore moins le contrat de Churchill Falls, qui était jusqu'à ce moment soumis aux lois du Québec. Le Québec perdrait non seulement sa crédibilité internationale, mais aussi sa sécurité énergétique et financière.
Lucien Beauregard, ingénieur
Sainte-Julie