Le pont de Québec

Le deuxième lien

POINT DE VUE / Les opposants au troisième lien ont, de toute évidence, tiré la conclusion que le pont de Québec constituerait le deuxième lien pour plusieurs décennies encore.

Rien n’est moins certain, de l’avis de deux ingénieurs qui ont exprimé l’opinion, dans Le Soleil, il y a moins de deux ans, que le pont de Québec était en fin de vie utile.

Pour moi, il ne fait aucun doute que la rouille (corrosion) est en voie de pénétrer dans l’acier vu le manque d’entretien. Ceci est particulièrement vrai pour la section centrale qui, à ma connaissance, n’a pas été repeinte au cours des 25 ou 30 dernières années. Bien sûr, le pont fait l’objet d’inspections régulières, mais qu’adviendrait-il si on en venait à découvrir une faiblesse structurale qui rendrait le pont inutilisable de façon sécuritaire?

Il n’est pas difficile d’imaginer l’immense congestion des routes périphériques pour des années avec une augmentation importante, voire majeure, des GES et bien d’autres problèmes dont notamment le temps de réponse des services d’urgence.

Le pont de l’Île-d’Orléans construit en 1935, si je ne m’abuse, et qui a fait l’objet d’entretien et de peinture de façon régulière, n’est-il pas en fin de vie, du moins pour un trafic intense?

La fermeture du pont de Québec sans troisième lien nous placerait dans la même situation que la Société des traversiers pour sa traverse Matane–Baie-Comeau et son absence d’alternative, mais en bien pire et pour plusieurs années.

La réalisation d’un nouveau pont signifierait alors un deuxième et non un troisième lien.

Enfin, un de vos lecteurs, M. Zubrzycki, a signé une lettre ouverte dans votre journal du 25 avril 2019. Il y soulève la possibilité que la durée de vie du pont Pierre-Laporte soit comparable à celle d’un pont jumeau inauguré en 1964 à Édimbourg en Écosse et qui a été fermé en 2017 (remplacé par un nouveau pont dont la construction a débuté en 2011).

Vérification faite, le Forth Road Bridge a été fermé à toute circulation (problème de corrosion, notamment) le 5 septembre 2017 pour des travaux de réparation et de changement de vocation, car il avait dû supporter, au long de son utilisation, une quantité de trafic considérablement supérieure à sa capacité prévue. Ce pont a été rouvert le 1er février 2018 aux autobus, taxis, cyclistes et piétons exclusivement.

Notre troisième lien pourrait-il devenir, un jour, notre premier lien en ce qui a trait à la  capacité de volume de trafic? Je soumets mon propos pour considération, sans plus.