Bitcoin est une monnaie virtuelle cryptée et un système d'échange qui fonctionne grâce à la mise en commun de la puissance de calcul de millions d'ordinateurs dans le monde.

Le bitcoin: une monnaie risquée

Quiconque achète des bitcoins risque de perdre la totalité de son investissement, et ce, de plusieurs manières différentes. S'ils peuvent servir à payer de petits achats, les bitcoins sont des outils extrêmement risqués.
Quiconque achète des bitcoins risque de perdre la totalité de son investissement, et ce, de plusieurs manières différentes. S'ils peuvent servir à payer de petits achats, les bitcoins sont des outils extrêmement risqués.
Il semble que les investisseurs américains et canadiens n'ont rien appris de la fermeture brutale de MtGOX en février. Cette entreprise, qui était une des principales plateformes mondiales d'échange de bitcoins, s'est placée sous la protection de la loi japonaise sur les faillites après avoir perdu l'équivalent de 650 millions $ de ses clients. Pourtant, la Californie et le Canada viennent de lever les obstacles législatifs à l'utilisation de cette monnaie virtuelle. La Californie a abrogé le 28 juin l'interdiction de faire des affaires avec des monnaies alternatives, et le Canada vient de créer un cadre de régulation des transactions en monnaies virtuelles. Comme elle n'est protégée par aucun de ces États, 100 % du risque de chaque transaction est laissé aux individus. 
Le protocole Bitcoin est un système d'échange de valeurs sans autorité régulatrice extérieure, sans banque centrale ni compte en banque. Même après l'affaire MtGOX, il vaut encore 600 $. Les lieux de stockage et d'échange ne sont soumis à aucune garantie de qualité de service et n'ont pas l'obligation de détenir un montant minimum de capital. Alors qu'un bitcoin valait moins d'un dollar en 2011, il a atteint les 1240 $ en 2013. De plus, toute transaction est irréversible, même si des pirates informatiques infiltrent le compte. C'est environ 500 000 personnes qui ont perdu des centaines de millions de dollars après la fermeture de MtGOX.
Faisant preuve de plus de bon sens que les régulateurs financiers de l'Amérique, le gouvernement thaïlandais a interdit tout achat et vente de bitcoins. L'Autorité bancaire européenne a pour sa part affirmé le 4 juillet que les banques présentes dans l'Union européenne devraient cesser de proposer à leurs clients des comptes libellés dans des monnaies virtuelles tant que des protections réglementaires ne seraient pas créées. Parmi les 70 risques identifiés par l'organisme, certains visent directement la personne qui achète cette monnaie. L'anonymat de tous les acteurs empêche de contrôler leur solvabilité. 
On sait déjà que les entreprises qui possèdent des superordinateurs peuvent prendre contrôle de la devise. Des règles qui n'existent pas actuellement sont donc nécessaires pour empêcher ceux qui détiennent une importante puissance informatique de pouvoir modifier à leur guise ce système de monnaie virtuelle. Comme elle n'est protégée par aucun État, la monnaie est à la merci du premier génie informatique qui passe. Cela est sans parler des pays qui sont déjà engagés dans l'espionnage électronique comme les États-Unis, la Russie et la Chine. Comme les actions passées sont toujours les meilleurs indicateurs de celles à venir, il y a fort à parier que ceux-ci ne se priveront pas de ces ressources gratuites.
Michel Gourd, L'Ascension-de-Pétapédia