Laval, une université qui tient tête

POINT DE VUE / La semaine dernière, plusieurs universités québécoises ainsi que 48 cégeps annonçaient la levée des cours dans l’après-midi du 27 septembre prochain. La cause? Greta Thunberg, la militante environnementaliste maintenant connue de tous, viendra diriger une grève générale pour la planète à Montréal. L’UdeM invite ses étudiants à participer à cette grande manifestation, sous le bon œil de son recteur Guy Breton.

Or, s’il est sain que nos institutions scolaires s’efforcent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de protéger la nature, elles commettent une erreur en s’emballant pour de tels événements. L’école n’est pas conçue pour inviter à la désobéissance : elle est ce qui fait obéissance. Il semblerait que l’anti-conformisme d’hier soit devenu le nouveau conformisme. La rébellion forme le nouvel ordre. L’impératif n’est plus «d’oser savoir», mais d’oser se mouvoir. En annonçant cette levée de cours, sur son site, l’Université de Montréal n’a d’ailleurs même pas cherché à cacher ses intentions, se vantant d’être classée «[…] au septième rang mondial des établissements d’enseignement supérieur soucieux d’atteindre les objectifs de développement durable fixés par l’ONU.» L’indignation est donc applaudie et encouragée par un établissement qui ne cherche qu’à mousser sa popularité auprès de la jeunesse écologiste.

Lorsqu’un mouvement social comme celui enclenché par Greta Thunberg reçoit de telles approbations de regroupements aussi importants que l’ONU, l’Assemblée nationale française et maintenant les cégeps et universités québécois, nous devons nous poser des questions sur la pertinence de cette agitation. Il n’est pas normal qu’une lutte qui se veut séditieuse reçoive la bénédiction d’autant de représentants de l’ordre en place. Derrière les belles formules convenues, ces derniers ont des intérêts particuliers et nous devons savoir ce qui se trame derrière cet artifice de bons sentiments.

Le recteur de l’UdeM, Guy Breton, en planifiant de lever les cours, a commis un précédent lourd d’implications. Désormais, comment est-ce que son université pourra-t-elle ne pas répéter cette mesure? Celle-ci se transformera inévitablement en une tradition annuelle, voire semestrielle. Le réchauffement climatique ne faisant que s’accentuer, le soulèvement ne risque que de se radicaliser, et ses militants les plus fanatiques feront tout en leur pouvoir pour faire plier nos écoles sous leur égide (en carton recyclé). Le message qu’envoie M. le recteur est on ne peut plus clair : le combat n’est pas nécessaire, nous sommes de la partie. 

Heureusement, dans la capitale nationale, l’administration de l’Université Laval a eu la sagacité de ne pas embarquer dans la fête. C’est tout à son honneur que de rappeler les principes et les objectifs fondamentaux d’une école : transmettre pour mieux préserver le monde. En cela, l’institution ouvre la porte à un écologisme qui raisonne et innove au lieu de sombrer dans le catastrophisme délirant.