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Mario Girard, président-directeur général du Port de Québec
Mario Girard, président-directeur général du Port de Québec

Laurentia: donner le ton de l’après-COVID

Mario Girard
Mario Girard
Président-directeur général du Port de Québec
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POINT DE VUE / Cette semaine, le Port de Québec a rendu public son mémoire en réponse au rapport provisoire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada sur le projet Laurentia. Nous y faisons, avec nombreux détails et données vérifiables, la démonstration que Laurentia est un bon projet pour Québec, sécuritaire en regard de la qualité de l’air et respectueux de l’environnement et de la faune. 

L’agence fédérale, nous le croyons sincèrement, en tiendra compte dans l’élaboration de son rapport final attendu au cours du premier trimestre de 2021. Je voudrais ici, revenir sur Laurentia, mais en m’intéressant plus largement à notre capacité de réaliser des projets et de relancer notre économie après l’énorme choc de la pandémie.  

La vaccination qui s’amorce nous redonne espoir, mais la récupération ne sera pas magique. L’économie aussi va conserver des séquelles de la COVID qu’il va falloir guérir. Il y aura une économie à repenser, à reconstruire. Une économie que nous voudrons plus efficace, plus durable, plus consciente socialement. Cette économie de l’après-COVID va aussi se déployer différemment dans le monde; ce qui signifiera produire plus localement dans certains cas, exporter davantage vers l’étranger dans certains autres.

Mais ce n’est pas totalement nouveau... En fait, l’impact de la COVID selon plusieurs experts ne sera pas tant de transformer l’économie que d’accélérer les tendances qui étaient observables. Par exemple, pour maintenir des opérations à distance, beaucoup d’entreprises ont devancé des investissements en technologie; pour préparer la relance, beaucoup de gouvernements ont annoncé des projets d’infrastructures vertes… C’est dire que les raisons qui rendaient Laurentia pertinent sur la planche à dessin avant, n’ont fait que s’amplifier avec la crise actuelle. Ainsi, il y a cinq ans, on parlait déjà de la nécessité de moderniser les chaînes d’approvisionnement pour qu’elles soient plus fiables, plus efficaces. Or, qu’a-t-on vu avec la pandémie? Des ruptures de stock aux conséquences parfois sérieuses! La pertinence de Laurentia est aujourd’hui criante. 

Dans une économie de l’après-COVID plus technologique, plus engagée dans la lutte contre les changements climatiques, les acteurs des chaînes d’approvisionnement vont chercher encore plus d’efficacité et d’économie d’énergie; ils seront encore plus intéressés par une nouvelle génération de terminaux entièrement électriques et zéro émission; ils rechercheront encore plus les temps de transit les plus courts pour acheminer et recevoir les matières essentielles à la relance. 

Et nous, Québécois, gens de Québec, osons revendiquer avec confiance notre place sur les grandes routes de commerce mondiales, avec ce savoir-faire extraordinaire et notre port en eaux profondes stratégiquement situé, étant le plus proche des grands marchés continentaux. 

Le Port de Québec n’a évidemment aucune volonté d’imposer à la population un projet dont elle ne veut pas. Depuis cinq ans, nous avons investi plus de 12 millions dans plus de 110 études et des centaines de rencontres avec les citoyens pour améliorer le projet et en faire hors de tout doute possible le projet de terminal portuaire le plus vert au monde. Nous avons répondu aux doutes formulés par l’Agence fédérale en lui démontrant notamment que les activités portuaires n’ont pas et n’auront pas davantage d’impact sur la qualité de l’air dans l’Arrondissement de la Cité-Limoilou. Nous avons démontré que le Port de Québec mettra en œuvre toutes les mesures d’atténuation nécessaires avec un plan de surveillance, un suivi exhaustif, une reddition de compte publique. Les gens de Québec savent avec quel sérieux nous avons travaillé; au début décembre d’ailleurs, 62 % des répondants à un sondage (et connaissant le projet Laurentia) disaient souhaiter sa réalisation.  Nous avons à cœur l’intérêt de Québec et de ses gens. Nous cherchons le mieux, nous répondons aux questions, mais parfois nous nous heurtons à des personnes, des groupes, qui semblent chercher une victoire idéologique plus que tout. Le port de Québec est capable de réaliser un grand projet respectueux du milieu dans lequel il s’insère. Stockholm, Rotterdam, Barcelone l’ont fait. Nous nous en inspirerons et ferons encore mieux, nous serons la vitrine du terminal vert dans le monde. 

Il faut savoir se rassembler. Se faire confiance. Viser le bien de tous plutôt que la victoire sur l’autre. C’est de cette façon que nous nous relèverons. Laurentia, par son caractère résolument moderne et écoresponsable, par son côté structurant, autant sur le plan local qu’international, par son ambition, à la fois affirmée et mesurée, peut devenir le projet phare de l’après-COVID à Québec et donner le signal d’une relance qui sera réussie. C’est ce que je nous souhaite pour 2021.