Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire

L’appui de QS au NPD révélateur

POINT DE VUE / Lors de la dernière élection fédérale, le mot d’ordre de Québec solidaire a été d’appuyer le NPD pour contrer l’élection d’un conservateur dans certaines circonscriptions. Cette pratique a contribué à favoriser les libéraux fédéralistes au détriment du Bloc. Cette attitude a mis en relief la place qu’occupe la position souverainiste de QS par rapport aux idées sociales de gauche de ce parti dont le socle idéologique est ancré dans un communisme populiste centré sur la lutte de classes.

C’est sans doute pour nous faire oublier ses accointances fédéralistes que QS a voulu projeter une image souverainiste lors de son dernier congrès. Faisant d’une pierre deux coups, il a voulu se positionner comme le futur vaisseau amiral de l’indépendance, tout en banalisant le retour du PQ vers ses idéaux d’origine.

Nous voilà replongés dans «l’antithèse Vallières-Gagnon» des années 70. Si Vallières proposait de faire l’indépendance d’abord et de décider par la suite d’un contenu idéologique de gauche, Gagnon était plutôt d’avis qu’il fallait au préalable opter pour un remplacement du capitalisme par un système socialiste, avant de réaliser la souveraineté du Québec.

Ce syndrome de la poule et de l’œuf divise également le PQ et QS. Si le PQ désire d’abord réaliser l’indépendance en y introduisant des valeurs sociales démocrates, QS, veut remplacer le système capitaliste avant de faire l’indépendance. Ainsi on comprend mieux pourquoi QS a préféré appuyer le NPD, parti de gauche fédéraliste, au détriment du Bloc qui, lui, a bénéficié du vote péquiste.

Les deux partis souverainistes devront se présenter à visage découvert aux prochaines élections et éviter, comme l’a fait QS à la dernière élection québécoise, d’afficher une image identitaire reliée à Bouchard-Taylor et de s’y soustraire après le scrutin. Pour ce qui est du PQ, le contenu de son projet de souveraineté devra être défini et se retrouver au cœur même de son programme électoral. Quant à Québec solidaire, son option sociale de gauche devra être mise sur la table intégralement en évitant d’y puiser seulement des éléments givrés à la sauce populiste.