Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

L'approche Barrette: s'attaquer au réseau

Ça fait des décennies que les ministres de la Santé qui se sont succédé tentent de corriger la situation dans le réseau de la santé. Ils se sont tous cassé les dents sur une machine complexe qui possède des mécanismes de survie hors du commun : on appelle ça la force d'un réseau.
En informatique, on met en place des réseaux dans le but de rendre les systèmes plus résistants aux pannes de communications. Le réseau Internet par exemple n'a pas de tête dirigeante, il n'y a que des collaborateurs. Il est impossible de le mettre en panne dans sa totalité : si une panne survient à un endroit, les données vont emprunter un autre chemin pour se rendre à destination. M. Barrette a compris que le Réseau de la Santé est basé sur des principes similaires, à l'exception que ce qui y circule, c'est l'argent des contribuables.
Pour contrôler les flux d'argent dans la Santé, M. Barrette a choisi de centraliser les décisions à conséquence financière vers la direction de son ministère. S'il ne le fait pas, le réseau utilisera sa force structurelle pour s'adapter et pour continuer d'y faire circuler notre argent le plus librement possible dans son dédale de programmes et d'organismes. Oui, les médecins vont passer à la caisse et ils vont en profiter, mais en affaires il y a un principe : c'est celui qui paye qui décide et ses fameuses supercliniques vont se négocier directement avec les médecins. Ce n'est pas facile, ce n'est certainement pas agréable et c'est même brutal pour le réseau de la santé et les personnes qui y travaillent et qui y croient, notamment pour les CLSC qui vont lutter pour leur survie. Si ça ne marche pas, c'est que le réseau aura été plus robuste et résistant que prévu, mais ne l'a-t-il pas toujours été?
André Verville, Lévis