Lanceurs d'alerte: un régime de protection à améliorer

En réaction à l’article «Congédiement d’un fonctionnaire lanceur d’alerte — Le syndicat des professionnels s’insurge» paru le 31 janvier

N’est-ce pas le rôle de tout syndicat de se porter à la défense de l’un des leurs en de telles circonstances? Certes.

Que ce dossier de congédiement soit redirigé vers la Protectrice du citoyen? Assurément, puisque c’est son rôle d’Ombudsman de faire enquête en vertu de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics, et ce, en toute confidentialité, incluant une protection contre les représailles et un service de consultation juridique gratuit. Cependant, force est de constater qu’une telle dénonciation aurait préalablement dû lui être adressée, par la personne responsable du suivi des divulgations du ministère ou l’employé lui-même, tel que prévu par cette loi. Cela laisse à penser que le régime de protection des lanceurs d’alertes aurait besoin d’être amélioré pour garantir un accompagnement adéquat dans leur démarche. 

Par ailleurs, d’autres instances gouvernementales, dont la Commission de la fonction publique et la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail ont justement comme rôle de faire enquête en matière de saine gestion des ressources humaines, incluant les congédiements. Toutefois, ces processus nécessitent passablement de temps en collecte de données, d’analyses et d’enquêtes, notamment dans le présent dossier. Conséquemment, les principaux enjeux qui méritent actuellement toute l’attention des autorités compétentes sont la santé de la population et la qualité de l’environnement.

La vigilance nous incite donc à encourager les instances décisionnelles gouvernementales à continuer de faire preuve de volonté, de probité, de transparence et de courage pour nous protéger contre tous les «Monsanto» de ce monde, de toutes décisions ayant de dangereuses répercussions sur notre santé et de tout ce qui serait néfaste pour notre environnement. Il serait déplorable, voire inconcevable, que nos élus ferment les yeux sur de telles pratiques et agissements.

Nicole Lévesque, ex-directrice des ressources humaines de la fonction publique, Québec