L’offre des piscines publiques est jugée insuffisante, avec les restrictions sanitaires actuelles.
L’offre des piscines publiques est jugée insuffisante, avec les restrictions sanitaires actuelles.

Laissez-nous nager!

POINT DE VUE / À voir toutes les dispositions et le fonctionnement des lieux de baignade publics présentement, c’est à se demander s’il y a des gens qui connaissent vraiment la réalité des populations qui pratiquent la natation comme moyen d’entraînement, pour demeurer en forme, tout simplement pour se rafraîchir ou comme activité pour amuser les enfants. 

Mon intervention se base sur le document COVID-19 : Lieux de baignade : questions-réponses, plus précisément à propos de la section «Eau des piscines et autres bassins artificiels» sur les deux extraits suivants :

«L’eau des piscines et des autres bassins artificiels au Québec est généralement traitée avec des désinfectants afin d’inactiver les microorganismes pathogènes pouvant être introduits par les baigneurs — ex. : hygiène inadéquate, incidents fécaux (Côté, 2005)» ;

«Or, dans une étude expérimentale réalisée dans des eaux usées, un coronavirus apparenté au SRAS-CoV-2 montrait une plus grande sensibilité au chlore qu’E. coli (Wang, Li, et al., 2005). Ceci laisse donc supposer que le SRAS-CoV-2 pourrait être inactivé en moins de quelques minutes dans l’eau des bassins traités selon les normes prescrites par le RQEPABA».

La première constatation est un manque d’ajustement selon le milieu en exploitation. Par exemple, on nous demande de nous désinfecter les mains lorsque nous entrons dans l’enceinte de la piscine municipale. Nous entrons, nous déposons nos effets personnels à un endroit approprié et nous sautons immédiatement dans l’eau, car en ayant fermé les vestiaires, tous les nageurs sont déjà prêts pour la baignade. Fini le niaisage dans les vestiaires à discuter avec nos vieilles connaissances. Nous entrons immédiatement dans une piscine remplie de désinfectant.

Lorsque nous effectuons nos longueurs, nous expirons lorsque notre tête est sous l’eau. Nos fameuses gouttelettes infectées par la COVID-19, si nous le sommes, sont donc directement envoyées dans un liquide de désinfectant d’une très grande efficacité. Nous gardons notre tête hors de l’eau uniquement pour la durée de notre inspiration, car cette action augmente la friction de notre corps par rapport à l’eau et ça nous ralentit. Alors il n’y a aucune chance que nous contaminions qui que ce soit pendant le temps que nous faisons nos longueurs. 

Bref, l’entièreté de nos corps respectifs est recouverte de désinfectant en tout temps. Dans ce cas, pourquoi limiter le nombre de nageurs à quatre par corridor alors qu’il pourrait facilement y en avoir six ? Au-delà de six nageurs par corridor, ça commence à jouer du coude lors des dépassements. Pourquoi laisser les piscines intérieures fermées alors que c’est l’un des milieux les plus toxiques pour la COVID-19? Il serait facile de fermer les vestiaires. Une piscine intérieure est probablement le lieu public fermé le plus toxique pour la COVID-19. 

En ce qui concerne la baignade de plaisance, les gens gardent la tête hors de l’eau en majorité puisqu’ils sont là principalement pour se rafraîchir, jouer et socialiser. Dans ce cas bien précis, la plupart des règles sanitaires mises en place sont justifiées. Par contre, selon les règles établies par la Ville, ceux qui n’ont pas réservé leur place pour accéder aux bains doivent attendre 10 minutes supplémentaires à l’extérieur de la piscine après l’ouverture de celle-ci. Cette règle est très compréhensible lorsque la piscine est proche de sa pleine capacité dès son ouverture et que toutes les plages horaires ont été réservées. Par contre, lorsqu’il n’y a que 20 personnes sur une capacité de 60 qui sont entrées et qu’une dizaine de personnes attendent dans la file des gens sans rendez-vous, il est complètement absurde et incompréhensible, voire inutile, de les faire patienter tel du bétail dans un enclos. Même les employés de la Ville sont de cet avis, mais ils n’osent pas le dire haut et fort.

Il n’y a seulement que huit piscines extérieures sur 42 qui offrent des bains libres pour faire des longueurs alors que la Ville compte 21 piscines intérieures. C’est nettement insuffisant pour répondre à la demande. 

Que va-t-on faire en septembre lorsque les piscines extérieures vont fermer jusqu’à l’été prochain? Est-ce que les piscines intérieures vont encore demeurer fermées alors que les gyms vont demeurer ouverts?